Skyrock.com
  • ACCUEIL
  • BLOG
  • PROFIL
  • CHAT
  • Musique
  • Sources
  • Vidéos
  • Waka
  • Groupes
  • Cadeaux
  • Facebook
  • Connecte-toi
  • Crée ton blog

  • Blog
  • Profil

Blog de EDWARD----BELLA

Photo de EDWARD----BELLA

EDWARD----BELLA

Description :

Fascination ==> Twilight

Tentation ==> New moon

Hésitation ==> Eclipse

Révélation ==>Breaking Dawn

Midnight sun

by Stephenie MEYER






► Amis tous acceptés.

► A partir d'aujourd'hui, je rends tous les commentaires.

► Pub acceptée, lue mais je ne viens pas mettre de commentaires sauf si les articles, les photos ou les sujets me plaisent.

► Les favoris sont les blogs que j'apprécie, et qui m'ont demandés d'être dans mes favoris.

► Pour ce qui est du plagiat, j'autorise tout le monde a prendre les photos qu'il voudra, après tout, elles ne sont quand même pas à moi ^^ Par contre le plagiat identique de mon habillage, mes textes ou mes montages, là non. Merci de ne pas me demander si vous pouvez faire le même habillage, ça me rends mal à l'aise et vous savez déjà ma réponse : non.

► 109 fans :O Mais c'est énorme ! Merci :D




  • Envoyer un message
  • Offrir un cadeau
  • Ajouter à mes amis
  • Bloquer
  • Devenir fan

Ses Honneurs (7)

  • Kiffé Koi !
  • Anniv' 2 ans
  • Spotlight
  • Fans 100
  • Com' 1000
  • Amis 500

» Suite

Son profil

Profil de EDWARD----BELLA
EDWARD----BELLA17 ans
France

RSS

Signaler un abus

Infos

  • Création : 15/01/2009 à 09:41
  • Mise à jour : 05/12/2010 à 02:58
  • 31 375 visites
  • 215 visites ce mois
  • 14 articles
  • 1 492 commentaires
  • 604 amis
  • 15 kiffs

Ses archives (14)

  • Les Cullen & les Autres
  • MIDNIGHT SUN  -Chapitre 12- Compliquations
  • MIDNIGHT SUN  - Chapitre 11- Interrogations
  • MIDNIGHT SUN  -Chapitre 10- Théorie

» Suite

Ses amis (604)

  • fiction-quileutesfiction-quileutes
    14 ans
    forks
    États-Unis États-Unis
  • cluborloff3cluborloff3
    16 ans
    Marseille - Bouches-du-Rhône (13)
    France France
  • Lorine--77Lorine--77
    13 ans
    Achéres - Seine-et-Marne (77)
    France France
  • BellaKaulitzBellaKaulitz
    24 ans
    Broquiés - Aveyron (12)
    France France
  • BellaEdwardLoveBellaEdwardLove
    13 ans
    Rennes - Ille-et-Vilaine (35)
    France France
  • twilight-love02twilight-love02
    15 ans
    Viry-Noureuil - Aisne (02)
    France France
  • Jessi-k77Jessi-k77
    15 ans
    ta mere - Paris (75)
    France France
  • fan-lecturefan-lecture
    28 ans
    Barentin - Seine-Maritime (76)
    France France
  • Jess-Peri-93Jess-Peri-93
    14 ans
    Saint-Denis - Seine-Saint-Denis (93)
    France France
  • aDreams-aHistoryaDreams-aHistory
    14 ans
    France France
  • Renesmee-Cullen-SwanRenesmee-Cullen-Swan
  • Twilight-new-moonTwilight-new-moon
  • New-MoonsNew-Moons
  • bellabrookbellabrook
    15 ans
    cornille - Dordogne (24)
    France France
  • twilight-love-newmoontwilight-love-newmoon
    15 ans
    France France
  • princessevampirediariesprincessevampirediaries
    17 ans
    Mistic Fall
    États-Unis États-Unis
  • venteetachatdeblogventeetachatdeblog
    16 ans
    Belgique Belgique
  • Mw4-ma-lif3Mw4-ma-lif3
    21 ans
    Ds Mon Pti Monde!!!
    Belgique Belgique
  • twilight-love-love2808twilight-love-love2808
    14 ans
    CHARLEROI
    Belgique Belgique
  • x3Because-I-LOove-youx3x3Because-I-LOove-youx3
  • oXo-Twi-L-ighT-oXooXo-Twi-L-ighT-oXo
  • mimidu597mimidu597
    13 ans
    France France
  • princesa-de-fogoprincesa-de-fogo
    16 ans
    France France
  • JustPerfectRobertJustPerfectRobert
    16 ans
    France France
  • XxOo-Vampirette-oOxXXxOo-Vampirette-oOxX
    15 ans
    NEVERLAND
    États-Unis États-Unis
  • Vampyr-humanVampyr-human

» Suite

Ses groupes (22)

  • Fan de Haяяy Potteя
  • Robert Pattinson
  • Twilight / New moon / Eclipse / Breaking dawn ♥
  • Groupe secret
  • Groupe secret
  • Fans de Fall Out Boy
  • Les Twilghteuses
  • Twilight
  • Fαns Ձ Twilight
  • Fan de Midnight Sun !!

» Suite

Son morceau préféré

Supermassive Black hole

I'm Twilighted

Supermassive Black hole (Twilight Soundtrack)

Jouer Ajouter à mon blog

Skyrock Music

Liens Skyrock Publicité

Design by EDWARD----BELLA

MIDNIGHT SUN -Chapitre 9- Port Angeles


.
.
.
.
.


Il faisait trop clair pour que je puisse entrer en ville quand j'y arrivai; le soleil était toujours bien trop haut dans le ciel, et, malgré mes vitres teintées, je n'avais aucune raison de prendre des risques inconsidérés. Encore plus de risques inconsidérés, devrais-je dire.

J'étais certain de pouvoir retrouver l'esprit de Jessica, même de loin – les pensées de Jessica étaient plus fortes que celles d'Angela, mais une fois que j'aurai trouvé les premières, je pourrais entendre les secondes. Alors, quand les ombres s'allongeront, je pourrais m'approcher. Pour l'instant, je tournai dans un chemin envahi par la végétation juste à la sortie de la ville qui ne semblait pas être utilisé très fréquemment.

Je savais vaguement dans quelle direction chercher – en fait, il n'y avait qu'un endroit pour acheter des robes à Port Angeles. Je ne mis pas longtemps à trouver Jessica, s'admirant devant un triple miroir en pied, et je pus voir Bella dans son champ de vision, appréciant du regard la longue robe noire qu'elle portait.

Bella a toujours l'air en rogne. Ha ha. Angela avait raison – Tyler se faisait des films. Mais quand même, je ne comprends pas pourquoi elle est si bouleversée. Au moins, elle sait qu'elle a un garçon prêt à l'emmener au bal de fin d'année en dernier recours. Et si Mike ne s'amusait pas au bal, et ne m'invitait plus à sortir? Et si il invitait Bella au bal de fin d'année? Est-ce qu'elle aurait invité Mike au bal si je n'avais rien dit? Est-ce qu'il la trouve plus belle que moi? Est-ce qu'elle se trouve plus belle que moi?

“Je pense que je préfère la bleue. Ça fait bien ressortir tes yeux.”
Jessica sourit à Bella, faussement chaleureuse, tout en la regardant avec méfiance.
Est-ce qu'elle le pense vraiment? Ou est-ce qu'elle veut me faire ressembler à une grosse vache samedi?

J'en avais déjà assez d'entendre Jessica. Je recherchai dans les environs, essayant de localiser Angela – ah, mais Angela était en train de changer de robe, et je me glissai rapidement hors de sa tête pour lui laisser son intimité.

Bon, il ne pouvait pas arriver grand-chose à Bella dans un grand magasin. Je les laisserai faire leurs courses et les retrouverai plus tard, quand elles auraient fini. Il ferait bientôt plus sombre – les nuages étaient en train de revenir, depuis l'ouest. Je ne pus leur jeter qu'un coup d'½il à travers la végétation dense, mais je vis qu'ils allaient accélérer le coucher du soleil. Je les accueillis chaleureusement, j'en avais plus besoin que jamais; je n'avais jamais attendu plus impatiemment le retour des ténèbres dans lesquelles je pourrais me glisser. Demain, je pourrai de nouveau m'asseoir à côté de Bella en classe, et monopoliser son attention au déjeuner. Je pourrai lui poser toute les questions qui me hantaient...

Donc, elle était furieuse de la présomption de Tyler. Je l'avais vu dans sa tête – qu'il était sérieux en parlant du bal de fin d'année, que ses mots étaient à prendre au sens littéral, et qu'il la revendiquait. Je me remémorai la réaction de Bella l'autre après-midi – son incrédulité outragée – et je ris. Je me demandai ce qu'elle lui dirait à ce propos. Je ne voulais rater son expression pour rien au monde.

Le temps passa lentement en attendant que les ombres s'allongent. Je jetai un coup d'½il dans l'esprit de Jessica de temps à autres, pour vérifier que tout se passait bien; son esprit était le plus facile à repérer, mais je n'aimais y traîner trop longtemps. Je vis l'endroit où elles comptaient aller dîner. Il ferait noir à ce moment-là...peut-être que je pourrai choisir le même restaurant par pure coïncidence. Je frôlai le portable dans ma poche, pensant à inviter Alice à dîner... Elle adorerait cela, mais elle voudrait aussi parler à Bella. Je n'étais pas sûr d'être prêt à ce que Bella soit encore plus impliquée dans mon monde. Un vampire n'entraînait-il pas déjà suffisamment de problèmes?

Je vérifiai machinalement dans l'esprit de Jessica qu'il ne se passait rien d'anormal. Elle pensait à ses bijoux, demandant l'opinion d'Angela.
“Peut-être que je devrais aller rendre le collier. J'en ai un à la maison qui ferait sûrement l'affaire, et j'ai déjà dépensé plus que ce que je ne devais...” Ma mère va me tuer. Mais à quoi est-ce que je pensais?
“Ça ne me dérange pas de retourner au magasin. Mais... tu ne penses pas que Bella va nous attendre?”

Quoi? Bella n'était pas avec elles? Je cherchai au travers des yeux de Jessica, puis passai à ceux d'Angela. Elles étaient sur un trottoir longeant une longue ligne de vitrines de magasins, faisant demi-tour. Bella n'était nulle part.

Oh, mais on s'en fiche de Bella, pensa Jessica impatiemment, avant de répondre à la question d'Angela. “Ne t'inquiète pas. On arrivera au restaurant bien avant elle, même en retournant au magasin. De toute façon, j'ai l'impression qu'elle avait envie d'être seule.” Elle me gratifia d'un coup d'½il de la librairie à laquelle Bella s'était rendue, selon elle.

“Dépêchons-nous, alors,” dit Angela. J'espère que Bella ne pense pas qu'on l'évite. Elle a été si sympa avec moi dans la voiture, tout à l'heure... C'est vraiment une fille adorable. Mais elle avait l'air d'avoir le cafard toute la journée. Je me demande si c'est à cause d'Edward Cullen? Je parie que c'est pour ça qu'elle me posait des questions sur sa famille...

J'aurai dû faire plus attention. Tout ce que j'avais manqué! Bella était partie se promener toute seule de son côté, et elle avait posé des questions à propos de moi auparavant? Angela avait reporté son attention sur Jessica à présent – Jessica babillait une fois de plus à propos de cet idiot de Mike – et je n'eus aucune réponse de sa part.

Je mesurai les ombres du regard. Le soleil serait derrière les nuages bien assez tôt. Si je restais du côté ouest de la route, où les bâtiments projetaient leur ombre, me protégeant de la lumière déjà faiblissante...

Je commençai à être anxieux, trouvant mon chemin à travers la circulation peu dense vers le centre de la ville. Je n'avais pas pensé à cette possibilité – Bella s'éloignant de son côté – et je n'avais aucune idée de la façon dont je pourrais la retrouver. J'aurais dû considérer cette possibilité.

Je connaissais bien Port Angeles; je fonçai directement à la librairie à laquelle Jessica avait pensé, espérant que mes recherches seraient courtes, mais me doutant que ce ne serait pas si facile que cela. Bella avait-elle jamais rendu les choses faciles?

Bien sûr, le petit magasin était vide à part la femme, habillée de façon très anachronique, derrière le comptoir. Cela ne ressemblait pas au genre d'endroit qui pourrait intéresser Bella – trop new age pour une personne à l'esprit aussi pratique. Je me demandai si elle avait seulement pris la peine d'entrer?

Il y avait une tâche d'ombre dans laquelle je pourrais me garer...et qui traçait un chemin sombre jusqu'à l'auvent de la boutique. Je ne devrais vraiment pas. Me promener pendant les heures où le soleil brillait encore était réellement dangereux. Que ferai-je si une voiture passant par là envoyait le reflet du soleil au mauvais moment dans mon allée sombre?

Mais je ne savais comment faire autrement pour retrouver Bella!

Je me garai et sortis, m'appliquant à rester là où l'ombre était la plus profonde. J'entrai à grands pas dans le magasin, sentant l'odeur de Bella dans l'air. Elle avait été ici, sur le trottoir, mais il n'y avait aucune trace de son odeur à l'intérieur du magasin.

“Bienvenue! Je peux vous aid–” commença la vendeuse, mais j'étais déjà ressorti.
Je suivis l'odeur de Bella aussi loin que l'ombre me le permit, m'arrêtant à la limite des rayons du soleil.
Comme je me sentais impuissant – tenu à distance par cette mince ligne entre l'ombre et la lumière qui s'étendait devant moi sur le trottoir. Comme enfermé.

Je ne pouvais que deviner qu'elle avait continué en traversant la route, en direction du sud. Il n'y avait pas grand chose dans cette direction. S'était-elle perdue? Hmm, cette possibilité ne semblait pas tout à fait exclue, si on considérait le personnage...

Je remontai dans la voiture et avançai doucement à travers les rues, la recherchant. Je ressortis là où il y avait des tâches d'ombre, mais je ne sentis son odeur qu'une autre fois, et sa direction me pris au dépourvu. Où essayait-elle d'aller?

Je fis la navette entre la librairie et le restaurant, plusieurs fois, espérant la voir en route. Jessica et Angela y étaient déjà revenues, se demandant si elles devaient passer commande, ou bien l'attendre. Jessica insistait pour commander tout de suite.

Je commençai à passer au crible les pensées de parfaits inconnus, regardant par leurs yeux. C'était obligé, quelqu'un devait l'avoir vue quelque part!

Je devenais de plus en plus anxieux à mesure qu'elle demeurait introuvable. Je n'avais encore jamais réalisé qu'elle pourrait s'avérer difficile à trouver, une fois, comme c'était le cas maintenant, hors de ma vue et des sentiers battus. Je détestai cela.

Les nuages s'amassaient à l'horizon, et dans quelques minutes, je pourrai la traquer à pied. Cela ne me prendrait pas longtemps, alors. Seul le soleil me rendait impuissant en ce moment même. Juste quelques minutes, puis je récupérerai l'avantage et ce serait le monde humain qui serait impuissant.

Un autre esprit, puis un autre. Tant de pensées triviales.
...pense que le bébé a encore une otite...
C'était six cent quarante ou bien six cent quatre...?
Encore en retard? Je devrais lui dire...
Ah, la voilà!
Et là, je pus de nouveau voir son visage. Enfin, quelqu'un l'avait remarquée!

Le soulagement ne dura qu'une fraction de seconde, avant que je n'entendisse la suite des pensées de l'homme qui jubilait en la voyant, caché dans l'ombre.
Son esprit m'était inconnu, et pourtant pas si étranger. Autrefois, j'avais chassé exactement le même genre d'esprits.

“NON!” hurlai-je, et une suite ininterrompue de grognements s'échappèrent de ma gorge. Mon pied enfonça la pédale d'accélérateur, mais où allais-je?

Je ne connaissais que la direction générale de son esprit, et cette connaissance n'était pas assez précise. Quelque chose, il devait y avoir quelque chose – un panneau de rue, un éventaire de boutique, n'importe quoi dans son champs de vision qui trahirait sa position. Mais Bella était dans l'ombre, et ses yeux n'étaient focalisés que sur son expression effrayée – se réjouissant de la peur qu'il y lisait.
Son visage était flou dans ses pensées, effacé par le souvenir d'autres visages. Bella n'était pas sa première victime.

Le son de mes grognements ébranlait la voiture, mais il en fallait plus pour briser ma concentration.
Il n'y avait aucune fenêtre dans le mur derrière elle. Une zone industrielle, éloignée du quartier plus commerçant.

Les pneus hurlèrent en prenant le virage, puis ma voiture fit une embardée en dépassant un autre véhicule, se dirigeant vers ce que j'espérai être la bonne direction. Le temps que l'automobiliste klaxonne, j'étais déjà loin.

Regardez-là trembler! L'homme rit d'avance. La peur était ce qui l'attirait dans le procédé – la partie qu'il appréciait le plus.
“Fichez-moi la paix.” Sa voix était basse et assurée, pas un cri.
“Sois pas comme ça, chérie!”

Il la regarda tressaillir au rire chahuteur qui vint d'une autre direction. Il fut irrité par ce son – Ta gueule, Jeff! pensa-t-il – mais il adora son mouvement de recul. Cela l'excitait. Il commença à imaginer ses appels au secours, et la façon dont elle le supplierait...

Je n'avais pas réalisé qu'il n'était pas seul avant d'entendre le rire gras. J'essayai de localiser un esprit autour du sien, désespéré de trouver une indication quelconque. Il était en train de faire un premier pas dans sa direction, étirant ses mains.

Les esprits alentours n'étaient pas le cloaque qu'était le sien. Ils étaient tous légèrement intoxiqués, aucun d'eux ne réalisant jusqu'où l'homme qu'ils appelaient Lonnie prévoyait d'aller. Ils suivaient Lonnie aveuglément. Il leur avait promis qu'ils s'amuseraient...

L'un d'eux jeta un coup d'½il au bout de la rue, nerveux – il ne voulait pas se faire prendre en train de harceler la fille – et me donna l'indice que je cherchais. Je reconnus le croisement vers lequel il dirigea son regard.

Je passai au feu rouge, me glissant dans l'espace très restreint entre deux voitures au c½ur de la circulation rapide. Des coups de klaxon retentirent derrière moi.
Mon portable sonna dans ma poche. Je l'ignorai.

Lonnie s'avança doucement vers la fille, faisant durer le suspense – le moment de terreur anticipée qui éveillait le désir en lui. Il attendit son cri, se préparant à le savourer.
Mais Bella serra la mâchoire et sembla se préparer à se défendre. Il fut surpris – il s'était attendu à la voir essayer de s'enfuir. Surpris et un peu déçu. Il aimait à traquer ses proies, l'adrénaline de la chasse.

Courageuse, celle-là. Peut-être que c'est mieux, qui sait...elle montrera plus de résistance.
J'étais à un pâté de maison. Le monstre entendait le grondement de mon moteur, mais il n'y prit pas attention, trop absorbé.
J'allais voir s'il aimait les chasses dont on était la proie. J'allais voir ce qu'il pensait de mon genre de chasse.

Dans une autre partie de ma tête, j'étais déjà en train de choisir entre tout un éventail de tortures dont j'avais été témoin pendant ma période de rébellion, cherchant la plus douloureuse d'entre toutes. Il souffrirait pour cela. Il se tordrait de douleur, souffrirait l'agonie. Les autres, de leur côté, seraient simplement tués, mais le monstre nommé Lonnie me supplierait de le tuer bien avant que j'en aie fini avec lui.

Il était en train de traverser la rue, s'approchant d'elle.
Je pris le virage sur les chapeaux de roues, mes phares éclairant brièvement la scène les pétrifiant tous. J'aurai pu renverser leur chef, qui sauta hors de ma route, mais c'était une mort trop facile pour lui.

Je laissai la voiture faire un demi-tour complet en glissant, de façon à ce que je sois de nouveau face à la route par laquelle j'étais arrivé, et que la portière passager soit du côté de Bella. Je l'ouvris avec force, et elle était déjà en train de courir vers la voiture.

“Grimpe,” grognai-je en montrant les dents.
Mais qu'est-ce que-?
Je savais que c'était pas une bonne idée! Elle est pas toute seule.
Je devrais courir, non?
...crois que je vais dégueuler...

Bella sauta par la porte ouverte sans hésiter, claquant la porte derrière elle.
Et là, elle me regarda avec l'expression la plus confiante que j'aie jamais vu sur le visage d'un humain, et mes projets violents s'effondrèrent.

Cela me prit bien moins d'une seconde pour réaliser que je ne pouvais pas la laisser dans la voiture pendant que je m'occupais des quatre hommes dans la rue. Que lui dirai-je, de ne pas regarder? Ha! Avait-elle jamais fait ce que je lui disais de faire? Avait-elle jamais fait la bonne chose à faire?

Allai-je les traîner dans un coin sombre, hors de sa vue, et la laisser toute seule ici? C'était un risque à prendre, qu'un autre humain dangereux rôde dans le rues de Port Angeles ce soir, mais c'était déjà hors du commun qu'il y en ait même un premier! Comme un aimant, elle attirait irrésistiblement tout ce qui était dangereux. Je ne pouvais pas la laisser hors de ma vue.

J'accélérai dans ce qui, pour elle, semblerait faire partie du même geste, l'éloignant de ses poursuivants si rapidement qu'ils fixèrent ma voiture avec des expressions ébahies et incompréhensives. Elle n'aurait pas remarqué mon instant d'hésitation. Elle penserait que le plan était de s'échapper depuis le début.

Je ne pouvais même pas le blesser avec ma voiture. Cela ferait peur à Bella.
Je voulais sa mort, d'une façon si sauvage que ce besoin résonnait dans mes oreilles et flouait ma vue et avait un goût sur ma langue. Mes muscles étaient tendus dans ce but, ce besoin insatiable, sa nécessité. Je devais le tuer. Je le découperai lentement en morceaux, petit à petit, de la peau aux muscles, des muscles aux os...

Sauf que la fille – la seule fille au monde – agrippait le siège de ses deux mains, me fixant intensément, les yeux toujours écarquillés et complètement confiants. La vengeance allait devoir attendre.

“Attache ta ceinture,” ordonnai-je. Ma voix était rude de haine et de soif de sang. Pas la soif de sang usuelle. Je ne me souillerai pas en prenant une quelconque part de cet homme en moi.

Elle attacha sa ceinture, sursautant légèrement au bruit qu'elle produisit. Ce petit son la fit sursauter, pourtant elle ne montra aucune peur alors que je traversait toute la ville sans me préoccuper d'aucun panneau de signalisation. Je sentais ses yeux sur moi. Elle avait l'air étrangement détendue. Cela n'avait aucun sens pour moi – pas après tout ce qu'elle venait de traverser.

“Ça va?” demanda-t-elle, sa voix rude sous l'effet de la tension et de la peur.
Elle voulait savoir si j'allais bien?
Je réfléchis à sa question pendant une fraction de seconde. Pas assez longtemps pour qu'elle remarque mon hésitation.
“Non,” réalisai-je, et mon ton bouillit de rage.

Je l'emmenai sur la petite route envahie par la végétation où j'avais passé l'après-midi absorbé par la plus mauvaise surveillance jamais effectuée. À présent, il faisait noir sous les arbres.
J'étais si furieux que mon corps était pétrifié, complètement immobile. Mes mains, comme congelées sur place, souffraient de ne pouvoir anéantir son agresseur, de le hacher en morceaux, de mutiler son corps si complètement qu'il ne pourrait jamais être identifié....

Mais cela impliquerait de la laisser seule ici, sans protection dans la nuit noire.
“Bella?” demandai-je entre mes dents.
“Oui?” répondit-elle d'une voix rauque. Elle s'éclaircit la gorge.
“Tu n'as rien?” C'était vraiment la chose la plus importante, la première priorité. Le châtiment était secondaire. Je savais cela, mais mon corps était si débordant de rage qu'il m'était difficile de réfléchir.

“Non.” Sa voix était toujours rauque – de peur, sans aucun doute.
Et je ne pouvais donc pas la quitter.
Même si elle ne risquait pas constamment sa vie comme c'était, de façon exaspérante, le cas – sûrement une farce que me jouait l'univers – même si j'étais absolument certain qu'elle serait parfaitement en sécurité pendant mon absence, je ne pourrais pas la laisser seule dans le noir.

Elle devait avoir tellement peur.
Cependant, je n'étais pas en condition de la réconforter – même si je savais exactement comment procéder, ce qui n'était pas le cas. Elle sentait sûrement toute la brutalité qui irradiait de moi en ce moment, c'était sûrement assez évident. Je l'effrayerai encore plus si je n'arrivais pas à apaiser l'envie de carnage qui bouillait en moi.

J'avais besoin de penser à autre chose.
“Distrais-moi, s'il-te-plaît,” suppliai-je.
“Pardon?”
Je me contrôlais à peine assez pour essayer de lui expliquer ce dont j'avais besoin.
“Parle-moi, dis n'importe quoi, même des bêtises, jusqu'à ce que je me calme,” éclaircis-je, la mâchoire toujours serrée. Seule la pensée qu'elle ait besoin de moi me retenait dans la voiture.

J'entendais les pensées de l'homme, sa déception et sa colère... Je savais où le trouver... Je fermai les yeux, souhaitant ne plus pouvoir rien voir...
“Euh...” Elle hésita – essayant de donner un sens à ma requête, supposai-je. “Demain avant les cours, j'écrase Tyler Crowley?” Elle le dit comme si c'était une question.

Oui – c'était ce dont j'avais besoin. Bien sûr qu'elle me trouverai quelque chose de complètement inattendu. Comme auparavant, la menace de violence passant ses lèvres était hilarante – si drôle qu'elle détonait. Si je n'avais pas été en train de mourir d'envie de tuer, j'aurai ri.

“Pourquoi?” aboyai-je, pour la forcer à continuer à parler.
“Il raconte à tout le monde que je serai sa cavalière au bal de fin d'année,” dit-elle, sa voix pleine de l'outrage du tigre-chaton. “Soit il est marteau, soit il continue à essayer de se racheter pour avoir failli me tuer quand... bref tu es au courant,” inséra-t-elle sèchement. “Visiblement, il croit que le bal est le bon moyen pour ça. Du coup, j'ai pensé que si je mettais sa vie en danger nous serions à égalité, et qu'il cesserait de s'excuser. Je n'ai pas besoin d'ennemis, et Lauren se calmera peut-être s'il me fiche la paix. Sauf que je vais sans doute devoir bousiller sa Sentra,” continua-t-elle, songeuse à présent. “S'il n'a plus de voiture, il ne pourra accompagner personne au bal de fin d'année...”

C'était encourageant de voir que parfois, elle comprenait mal les choses. La ténacité de Tyler n'avait rien à voir avec l'accident. Elle ne semblait pas remarquer l'attirance qu'elle exerçait sur les garçons humains du lycée. Ne voyait-elle pas l'attirance qu'elle exerçait sur moi, non plus?

Ah, ça marchait. Les rouages déconcertants de son esprit étaient toujours totalement passionnants. Je commençai à recouvrer un certain contrôle, à voir quelque chose au-delà de la vengeance et la torture...

“J'en ai entendu parler,” lui appris-je. Elle avait arrêté de parler, et j'avais besoin qu'elle continue.
“Toi?” demanda-t-elle, incrédule. Et sa voix devint plus furieuse qu'avant. “Bon sang, si j'arrive à le paralyser de la tête au pieds, il n'ira pas au bal non plus.”

J'aurai souhaité pouvoir lui demander de continuer à proférer des menaces de mort ou de violence corporelle sans paraître complètement cinglé. Elle n'aurait pas pu trouver un meilleur sujet de conversation pour me calmer. Et ses mots – qui n'étaient que des sarcasmes dans son cas, des hyperboles – étaient un rappel qui me manquait beaucoup à ce moment-là.

Je soupirai, et ouvris les yeux.
“Ça va mieux?” demanda-t-elle timidement.
“Ce n'est pas terrible.”
Non, j'étais plus calme, mais je n'allais pas mieux. Parce que je venais de réaliser que je ne pouvais pas tuer le monstre du nom de Lonnie, et j'en avais toujours plus envie plus que de presque tout au monde. Presque.

La seule chose dont j'avais plus envie que de commettre un crime parfaitement justifiable, était cette fille. Et, malgré le fait que je ne puisse pas l'avoir, le seul rêve de l'avoir m'interdisait de partir en chasse ce soir – et peu importait à quel point une telle chose était défendable.

Bella méritait mieux qu'un assassin.
J'avais passé sept décennies à essayer d'être autre chose que cela – tout sauf d'être un assassin. Ces années d'effort ne me feraient jamais valoir la fille qui était assise à côté de moi. Et pourtant, je sentais que si je retournais à cette vie – la vie d'assassin – pour juste une nuit, je la mettrais irrévocablement hors de ma portée pour toujours. Même si je ne buvais pas leur sang – même si je n'avais pas cette preuve flamboyant de rouge dans mes yeux – ne sentirait-elle pas la différence?

J'essayais d'être assez bon pour elle. C'était un but impossible. Je continuerai d'essayer.
“Qu'est-ce qu'il y a?” chuchota-t-elle.
Sa respiration remplit mon nez, ce qui me rappela pourquoi je ne pouvais pas la mériter. Après tout cela, même avec tout l'amour que j'éprouvais pour elle...elle me faisait quand même saliver.

“Parfois, j'ai du mal à contrôler mes humeurs, Bella.” Je fixai la nuit noire, espérant en même temps qu'elle entende l'horreur inhérente à mes mots et qu'elle ne l'entende pas. Surtout qu'elle ne l'entende pas. Cours, Bella, cours. Reste, Bella, reste. “Sauf qu'il ne servirait à rien que je retourne là-bas pour régler leur compte à ces...” Rien que d'y penser me propulsa presque hors de la voiture. Je pris une profonde inspiration, laissant son odeur me brûler toute la gorge. “Enfin, j'essaie de m'en convaincre.”

“Oh.”
Elle ne dit plus rien. Qu'avait-elle perçu dans mes mots? Je lui jetai furtivement un coup d'½il, mais son visage était indéchiffrable. Peut-être figé par le choc. Bon, elle ne criait pas. Pas encore.

Nous fûmes silencieux pendant un moment. Une guerre faisait rage en moi, essayant de m'obliger à être ce que j'étais. Ce que je ne pouvais pas être.

“Jessica et Angela vont s'inquiéter,” dit-elle doucement. Sa voix était très calme, et je n'étais pas sûr de comprendre pourquoi. Était-elle sous le choc? Peut-être qu'elle n'avait pas encore intégré les événements de ce soir. “J'étais censée les retrouver.”

Voulait-elle être loin de moi? Ou ne s'inquiétait-elle que du soucis que se feraient ses amies?
Je ne lui répondis pas, mais je démarrai la voiture et la ramenai au restaurant. À mesure que nous nous rapprochions de la ville, j'avais de plus en plus de mal à me tenir à ma bonne résolution. J'étais si proche de lui...

Si c'était impossible – si je ne pouvais jamais avoir ou mériter cette fille – alors pourquoi laisser cet homme impuni? Cela au moins devait m'être permis...
Non. Je n'abandonnerai pas. Pas encore. Je la voulais beaucoup trop pour baisser les bras.

Nous arrivâmes au restaurant où elle était censée retrouver ses amies avant que je réussisse à mettre de l'ordre dans mes pensées. Jessica et Angela avaient fini de manger, et étaient toutes deux sérieusement inquiètes pour Bella à présent. Elles se préparaient à aller la chercher, arpentant la rue sombre.
Ce n'était pas une bonne nuit pour se promener dehors-

“Comment savais-tu où...?” La question inachevée de Bella interrompit le cours de mes pensées, et je réalisai que j'avais fait une nouvelle gaffe. J'avais été bien trop distrait pour me rappeler de lui demander où elle était censée retrouver ses amies.

Mais, au lieu de finir sa phrase et d'insister sur le point, Bella secoua juste la tête et fit un demi-sourire.
Qu'est-ce que cela signifiait, à présent?
Bon, je n'avais pas le temps d'essayer de comprendre l'étrange acceptation de mon savoir venu d'elle ne savait où... J'ouvris ma portière.

“Qu'est-ce que tu fais?” demanda-t-elle en sursautant.
Je refuse de te laisser hors de ma vue. Et j'essaie de ne pas me laisser être seul ce soir. Dans cet ordre des priorités. “Je t'invite à dîner.”

Eh bien, voilà qui allait être intéressant. Je n'arrivais pas à croire que ce même soir, j'avais envisagé d'emmener Alice à dîner en prétendant avoir choisi accidentellement le même restaurant que Bella et ses amies. Et maintenant, voilà, j'avais pratiquement un rendez-vous avec la fille. Sauf que ça ne comptait pas, parce que je ne lui laissais pas le choix.

Elle avait déjà entrouvert sa portière avant que j'aie fait le tour de la voiture – d'habitude, ce n'était pas aussi frustrant de devoir marcher à une vitesse qui passe inaperçue – au lieu d'attendre que je la lui ouvre. Était-ce parce qu'elle n'avait pas l'habitude d'être traitée comme une lady, ou parce qu'elle ne pensait pas que je fusse un gentleman?

J'attendis qu'elle me rejoigne, de plus en plus anxieux à mesure que ses amies s'éloignaient dans le noir.
“Va prévenir Jessica et Angela avant que je doive les sauver, elles aussi,” lui demandai-je rapidement. “Je ne suis pas certain que j'arriverai à me retenir si je tombe une nouvelle fois sur tes potes.” Non, je ne serai pas assez fort pour cela.

Elle frémit, puis se reprit rapidement. Elle s'avança d'un demi-pas dans leur direction, criant, “Jess! Angela!” d'une voix forte. Elles se retournèrent, et elle fit de grands signes pour attirer leur attention.

Bella! Oh, elle va bien! pensa Angela avec soulagement.
Pas trop tard... grommela Jessica pour elle-même, mais elle aussi était reconnaissante que Bella ne se soit pas perdue ou blessée. Elle remonta dans mon estime pour cette pensée.

Elles se précipitèrent en avant, puis marquèrent une pause, stupéfaites, en me voyant à côté d'elle.
Non! pensa Jessica, abasourdie. Me dites pas que c'est vrai!
Edward Cullen? Se serait-elle en allée de son côté pour aller le retrouver? Mais pourquoi se serait-elle demandée pourquoi ils étaient absents si elle savait qu'il était ici... J'eus droit à un éclair de souvenir, le visage mortifié de Bella quand elle avait demandé à Angela pourquoi ma famille était souvent absente de l'école. Non, elle ne pouvait pas être au courant, décida Angela.

Les pensées de Jessica passaient, elles, de la surprise aux soupçons. Bella ne m'a pas tout dit.
“Où étais-tu passée?” demanda-t-elle, fixant Bella, mais me jetant des coups d'½il furtifs.
“Je me suis perdue. Et puis j'ai rencontré Edward,” dit Bella, faisant un signe dans ma direction. Son ton était étonnamment normal. Comme si c'était vraiment tout ce qui c'était passé.
Elle devait être sous le choc. C'était la seule explication à son calme.

“Ça vous dérange, si je me joins à vous?” demandai-je – pour être poli; je savais qu'elles avaient déjà mangé.

Bon sang mais qu'est-ce qu'il est sexy! pensa Jessica, ses pensées un peu incohérentes tout d'un coup.
Celles d'Angela n'étaient pas plus posées. Si seulement on n'avait pas mangé. Waou. Juste. Waou.
Mais pourquoi est-ce que je ne pouvais pas faire ça à Bella?

“Euh...Bien sûr que non,” acquiesça Jessica.
Angela fronça les sourcils. “En fait, Bella, nous avons dîné en t'attendant,” admit-elle. “Désolée.”
Quoi? Mais tais-toi! se plaignit Jessica intérieurement.
Bella haussa les épaules, désinvolte. Tellement à l'aise. Définitivement sous le choc. “C'est très bien comme ça – je n'ai pas faim.”

“Je crois que tu devrais manger un morceau,” la contredis-je. Elle avait besoin de sucre dans le sang – bien qu'il semble bien assez sucré comme ça, pensai-je ironiquement. L'horreur allait s'abattre sur elle d'une minute à l'autre, et un estomac vide ne l'aiderait pas. Elle s'évanouissait facilement, d'après ce que je savais d'elle.

Ces filles ne seraient pas en danger si elles rentraient directement à la maison. Le danger ne les suivait pas à la trace, elles.
Et je préférais être seul avec Bella – du moment qu'elle voulait bien être seule avec moi.

“Ça vous ennuie si je ramène Bella plus tard?” dis-je à Jessica avant que Bella puisse répondre. “Comme ça, vous n'aurez pas attendre qu'elle ait fini son repas.”
“Euh...non.” Jessica fixa Bella, cherchant un signe qui montre que c'était ce qu'elle voulait.
J'ai envie de rester...Mais, probable qu'elle le veut pour elle toute seule. Qui ne le voudrait pas? pensa Jess. À ce moment, elle regarda Bella lui faire un clin d'½il.

Bella lui avait fait un clin d'½il?
“D'accord,” dit rapidement Angela, pressée de partir si c'était ce que voulait Bella. Et il semblait que ce soit ce qu'elle voulait. “À demain, Bella...Edward.” Elle s'efforça de dire mon nom d'un ton désinvolte. Puis elle attrapa la main de Jessica et commença à l'entraîner derrière elle.

Il fallait que je trouve un moyen de remercier Angela pour ça.
La voiture de Jessica était garée tout près, et dans un large cercle de lumière venue d'un lampadaire. Bella les regarda prudemment, un léger froncement de soucis entre les yeux, jusqu'à ce qu'elles montent dans la voiture, elle devait donc être tout à fait consciente du danger qu'elle avait encouru. Jessica lui dit au revoir de la main en s'éloignant, et Bella lui rendit son signe. Elle ne prit une grande inspiration et ne se retourna vers moi qu'une fois la voiture disparue.

“Franchement, je n'ai pas faim,” dit-elle.
Pourquoi avait-elle attendu qu'elles soient parties pour le dire? Avait-elle vraiment envie d'être seule avec moi – même maintenant, après avoir été témoin de ma rage de tuer?

Que ce soit le cas ou non, elle allait manger quelque chose.
“Fais-moi plaisir,” dis-je.
Je lui tins la porte du restaurant et attendis.
Elle soupira, puis passa la porte.

Je marchai à ses côtés jusqu'à l'accueil, où l'hôtesse attendait. Bella semblait toujours complètement maîtresse d'elle-même. J'avais envie de toucher sa main, son front, pour vérifier sa température. Mais elle fuirait le contact de ma main froide, comme elle l'avait fait auparavant.

Ça par exemple! m'interrompit la voix mentale plutôt forte de l'hôtesse. Bon sang de bon sang...
Il semblait que c'était le jour où j'attirais tous les regards. Ou ne le remarquai-je ce soir, que parce que tout ce que j'espérais, c'était que Bella me voie de cette façon? Nous étions toujours attirants pour nos proies. Je n'y avais jamais vraiment réfléchi auparavant. D'habitude – sauf quand, comme pour Shelly Cope ou Jessica Stanley, l'habitude avait émoussé l'horreur – la peur arrivait assez tôt après l'attirance initiale...

“Nous sommes deux,” pressai-je l'hôtesse puisqu'elle ne parlait pas.
“Oh, euh, oui. Bienvenue à La Bella Italia.” Mmm! Quelle voix! “Je vous en prie, suivez-moi.” Ses pensées étaient préoccupées – toutes à ses estimations.

Peut-être qu'elle est sa cousine. Elle ne peut pas être sa s½ur, ils ne se ressemblent pas du tout. Mais ils sont forcément de la même famille. Dans tous les cas, lui ne peut pas être avec elle.

Les yeux humains étaient voilés; ils ne voyaient jamais clairement. Comment cette femme étroite d'esprit pouvait-elle trouver mes attraits physiques – des pièges pour mes proies – si attirants, sans voir la douce perfection de la fille à mes côtés?

Bon, pas besoin de lui faciliter la tâche, au cas où, pensa l'hôtesse en nous amenant à une table de taille familiale au milieu d'une partie bondée du restaurant. Pourrais-je lui donner mon numéro pendant qu'elle est là? songea-t-elle.

Je tirai un billet de ma poche de derrière. Les gens étaient invariablement coopératifs quand on mettait de l'argent en jeu.

Bella prenait déjà place là où l'hôtesse le lui indiquait, sans objection. Je secouai la tête à son intention, et elle hésita, penchant sa tête sur le côté, l'air curieux. Oui, elle serait très curieuse ce soir. Et la foule n'était pas l'endroit idéal pour ce genre de conversations.

“Vous n'avez rien de plus intime?” demandai-je à l'hôtesse, lui tendant l'argent. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise, puis se resserrèrent en refermant sa main sur le pourboire.
“Bien sûr.”

Elle jeta un coup d'½il au billet tout en nous conduisant de l'autre côté d'un mur de séparation.
Cinquante dollars pour une meilleure table? Il est riche, par dessus le marché. En même temps, c'est logique – je parie que sa veste coûte plus cher que ma dernière paie. Mince. Pourquoi veut-il plus d'intimité avec elle ?

Elle nous indiqua une table séparée par des paravents dans un coin calme du restaurant, où personne ne pourrait nous voir – voir Bella réagir à ce que j'allais lui dire, quoi que ce soit. Je n'avais aucune idée de ce qu'elle voudrait de moi ce soir. Ou de ce que j'allais lui avouer.
Combien avait-elle deviné? Quelle explication plausible avait-elle bien pu trouver pour expliquer mon comportement de ce soir?

“Ça vous va?” demanda l'hôtesse.
“Parfait,” lui dis-je, et, légèrement énervé par le ressentiment qu'elle exprimait à l'égard de Bella, je lui sourit de toutes mes dents. La laissant me voir clairement.

Woa. “Euh...la serveuse sera là dans une minute.” Il ne peut pas être réel. Je dois être en train de rêver. Peut-être qu'elle disparaîtra...peut-être que j'écrirai mon numéro au ketchup sur son assiette... Elle s'éloigna, énumérant les possibilités.

Bizarre. Elle n'avait toujours pas peur. Je me rappelai soudain Emmett me taquinant à la cafétéria, il y a de si nombreuses semaines. Je parie que j'aurai pu lui faire plus peur que ça.
Étais-je en train de perdre la main?

“Tu devrais arrêter de faire ça aux gens,” m'interrompit Bella dans le train de mes pensées, d'un ton réprobateur. “Ce n'est pas du jeu.”
Je fixai son expression critique. Que voulait-elle dire? Je n'avais pas du tout fait peur à l'hôtesse, malgré mes intentions. “Faire quoi?”
“Les éblouir ainsi. À l'heure qu'il est, elle est en train de suffoquer dans les cuisines.”
Hmm. Bella était très proche de la réalité. L'hôtesse n'était qu'à moitié cohérente en ce moment, décrivant sa fausse impression de moi à son amie qui faisait partie de l'équipe de service.

“Oh, s'il te plait,” me gronda Bella, ne me voyant pas répondre aussitôt. “Tu es quand même conscient de l'effet que tu produis!”
“J'éblouis les gens, moi?” C'était une façon très intéressante de le formuler. Assez exact pour ce soir. Je me demandai pourquoi il y avait une telle différence...
“Tu n'as pas remarqué?” demanda-t-elle, toujours critique. “Tu crois donc que tout le monde obtient ce qu'il veut aussi facilement que toi?”
“Est-ce que je t'éblouis?” demandai-je, voulant satisfaire instinctivement à ma curiosité, les mots sortant trop vite pour que je puisse les retirer à temps.
Mais avant que j'aie le temps de regretter plus que cela d'avoir prononcé les mots tout haut elle répondit, “Fréquemment.” Et ses joues se teintèrent d'un rose tendre.

Je l'éblouissais.
Mon c½ur silencieux se gonfla d'un espoir plus intense qu'aucun de ceux que je me rappelais avoir ressenti.

“Bonjour,” dit quelqu'un, la serveuse, se présentant. Ses pensées étaient fortes, et plus explicites que celles de l'hôtesse, mais je les ignorai complètement. Je contemplai le visage de Bella au lieu de les écouter, regardant le sang se répandre sous sa peau, ne remarquant pas comment il faisait brûler ma gorge, mais plutôt comment il embellissait son visage pâle, comment il rehaussait la couleur crème de sa peau...

La serveuse attendait quelque chose de moi. Ah, elle avait demandé ce que nous voulions boire. Je continuai à fixer Bella, et la serveuse se tourna à contrec½ur vers elle.
“Un Coca?” dit Bella, comme si elle attendait mon approbation.
“Mettez-en deux,” approuvai-je. La soif – normale, celle d'un humain – était un signe de choc. Je m'assurerai qu'elle ait tout le sucre du soda en plus dans son système.

Elle avait l'air bien portante, pourtant. Plus que bien portante. Elle avait l'air radieuse.
“Quoi?” lança-t-elle – se demandant sûrement pourquoi je la fixais comme ça, supposai-je. J'eus vaguement conscience du départ de la serveuse.
“Comment vas-tu?” demandai-je.
Elle cligna des sourcils, surprise de ma question. “Bien.”

“Tu ne te sens pas étourdie, nauséeuse, glacée...?”
Elle était encore plus déconcertée, à présent. “Je devrais?”
“Je guette les effets du contrecoup.” Je fis un demi-sourire, m'attendant à son démenti. Elle ne voudrait pas que l'on s'occupe d'elle.
Cela lui prit une minute de me répondre. Ses yeux étaient légèrement dans le vague. Elle prenait cet air-là, parfois, quand je lui souriais. Était-elle...éblouie?
J'adorerai penser que ce soit vrai.

“Je ne crois pas qu'il aura lieu. J'ai toujours été très douée pour réprimer les choses déplaisantes,” répondit-elle, et j'eus l'impression qu'elle reprenait encore son souffle.
“Quand bien même,” lui dis-je. “Je serai plus à l'aise quand tu auras avalé quelque chose.”

La serveuse revint avec les Cocas et une corbeille de gressins. Elle les posa en face de moi, et me demanda ce que j'avais choisi, essayant d'attirer mon regard au passage. Je lui signifiai de s'adresser à Bella, puis m'appliquai derechef à ignorer ses pensées. Son esprit était vulgaire.

“Euh...” Bella jeta un coup d'½il au menu. “Les raviolis aux champignons.”
La serveuse se retourna vers moi impatiemment. “Et Monsieur?”
“Rien pour moi, merci.”
Bella fit une petite moue. Hmm. Elle devait avoir remarqué que je ne mangeais jamais rien. Elle remarquait tout. Et j'oubliais toujours d'être prudent autour d'elle.

J'attendis que nous soyons de nouveau seuls.
“Bois,” insistai-je.
Je fus surpris de la voir obtempérer aussitôt et sans objection. Elle but jusqu'à ce que son verre soit entièrement vide, je poussai donc le deuxième verre vers elle, fronçant un peu les sourcils. Soif, ou contrecoup?

Elle but encore un peu, puis frissonna.
“Tu as froid?”
“C'est le Coca,” dit-elle, mais elle frissonna de nouveau, ses lèvres tremblant légèrement, comme si ses dents étaient sur le point de claquer.

Le joli chemisier qu'elle portait avait l'air trop fin pour la protéger convenablement; il collait son corps, lui faisant comme une seconde peau, presque aussi fragile que la première. Elle était si frêle, si mortelle. “Tu n'as pas pris de veste?”
“Si.” Elle se retourna vers le dossier de sa chaise, un peu perplexe. “Oh, je l'ai oubliée dans la voiture de Jessica.”

J'enlevai la mienne, espérant que le geste ne soit pas gâché par la température de mon corps. Ç'aurait été bien, si j'avais pu lui offrir un manteau bien chaud. Elle me dévisagea, ses joues s'échauffant de nouveau. Qu'était-elle en train de penser?

Je lui tendis la veste au travers de la table, et elle l'enfila aussitôt, puis frémit de nouveau.
Oui, ça aurait été bien d'être chaud.
“Merci,” dit-elle. Elle prit une grande inspiration, puis remonta les manches, trop longues, pour se libérer les mains. Elle inspira derechef un grand coup.

Le contrecoup de la soirée s'annonçait-il enfin? Elle avait toujours de bonnes couleurs; sa peau avait une couleur de crème et de roses en contraste avec son chemisier d'un bleu profond.
“Cette couleur sied à merveille à ton teint,” la complimentai-je. J'étais juste honnête.
Elle rougit, rehaussant encore l'effet.

Elle avait l'air tout à fait bien, mais il n'y avait aucune raison de prendre des risques. Je poussai la corbeille de gressins vers elle.
“Je t'assure que je ne suis pas sous le choc,” objecta-t-elle, devinant les motifs de mon geste.
“Tu devrais – N'importe quel être normalement constitué le serait. Tu n'as même pas l'air ébranlé.” Je la fixai, désapprobateur, me demandant pourquoi elle ne pouvait pas être normale puis me demandant si je voulais vraiment qu'elle le soit.
“Je me sens très en sécurité avec toi,” souffla-t-elle, ses yeux de nouveau débordants de confiance. Une confiance que je ne méritais pas.

Ses instincts semblaient inversés. Ça devait être le problème. Elle ne reconnaissait pas le danger comme le ferait un être humain normal. Ses réactions étaient inversées. Au lieu de s'enfuir, elle restait là, liée à ce qui devrait lui faire peur...

Comment pourrais-je la protéger de moi-même si aucun de nous deux ne le voulait?
“Cela devient plus compliqué que je ne l'avais prévu,” murmurai-je.

Je la vis tourner et retourner mes mots dans sa tête, et me demandai ce qu'elle en pensait. Elle prit un gressin et commença à grignoter sans paraître s'en rendre compte. Elle le mordilla un moment, puis pencha sa tête pensivement sur le côté.

“D'habitude, tu es de meilleure humeur quand tes yeux sont aussi clairs,” dit-elle sur un ton désinvolte.
Sa remarque, si terre-à-terre, m'embrouilla la tête. “Pardon?”
“Je me suis aperçue que plus tes yeux étaient sombres, plus tu étais maussade. D'ailleurs, j'ai une théorie à ce sujet,” ajouta-t-elle simplement.

Elle avait fini par trouver une explication à tout ce qu'elle avait vu. Bien sûr que oui. Je ressentis au plus profond de mon être une terreur sans nom en me demandant de combien elle s'était approchée de la vérité.
“Encore une?”
“Mm-hm.” Elle croqua un autre bout de gressin, tout à fait nonchalante. Comme si elle n'était pas en train de discuter des aspects d'un monstre avec le monstre en personne.

“J'espère que tu seras plus créative, cette fois...” mentis-je puisqu'elle ne continuait pas. Ce que j'espérais vraiment, c'est qu'elle ait tort – qu'elle soit à des kilomètres de la vérité. “À moins que tu ne l'aies empruntée à d'autres BD?”
“Non, pas une BD,” dit-elle, un peu embarrassée. “Mais ce n'est pas moi qui l'ai trouvée non plus.”
“Et?” demandai-je entre mes dents.

Elle ne parlerait sûrement pas aussi calmement si elle était sur le point de hurler.
Alors qu'elle hésitait, mordillant sa lèvre, la serveuse réapparut avec le plat de Bella. Je ne lui payai pas grande attention pendant qu'elle déposait l'assiette devant Bella puis me demandait si je voulais quelque chose.

Je déclinai l'offre, mais commandai plus de Coca. La serveuse n'avait pas remarqué les verres vides. Elle les prit et partit.

“Alors, cette théorie?” la pressai-je anxieusement dès que nous fûmes de nouveau seuls.
“Je t'en parlerai dans la voiture,” dit-elle à voix basse. Ah, ça n'était pas une bonne idée. Si elle refusait de parler de ses théories en présence d'autres personnes... “Seulement si...” ajouta-t-elle soudainement.
“Des conditions?” J'étais si tendu que je grognai presque les mots.
“C'est que j'ai quelques questions, bien sûr.”
“Bien sûr,” accordai-je d'une voix dure.

Ses questions m'indiqueraient sûrement la direction de ses pensées. Mais comment y répondre? Avec responsabilité, en mentant? Ou la chasserai-je, en lui révélant mon secret? Ou ne lui répondrai-je rien, incapable de me décider?

Nous fûmes silencieux pendant que la serveuse nous réapprovisionna en Coca.
“Très bien, vas-y,” lançai-je, mâchoire serrée, une fois la serveuse partie.

“Que fais-tu à Port Angeles?”
C'était une question bien trop facile – pour elle. Elle ne me révélait rien, alors que ma réponse, si elle était sincère, lui révèlerait bien trop de choses. Je la laisserai me révéler quelque chose avant.

“Question suivante,” dis-je.
“Mais c'est la plus facile!”
“Suivante,” répétai-je.
Elle se montra frustrée par mon refus. Elle éloigna son regard, le posant sur sa nourriture. Doucement, réfléchissant durement, elle prit une bouchée et mâcha avec application. Elle avala avec une gorgée de Coca, puis releva enfin son regard vers moi.

“Très bien,” dit-elle. “Admettons, et ce n'est qu'un hypothèse, bien sûr, que... quelqu'un... sache lire dans les pensées des gens, tu vois ce que je veux dire – mais à quelques expressions près.”
Cela aurait pu être pire.

Cela expliquait le petit demi-sourire dans la voiture. Elle était vive d'esprit – personne n'avait jamais deviné cela à mon sujet. À part Carlisle, et cela avait été plutôt évident à l'époque, au début, parce que je répondais à toutes ses pensées comme si il les avait prononcées. Il avait compris avant moi...

Cette question n'était pas trop compromettante. Il était clair qu'elle savait que quelque chose n'allait pas chez moi, mais ce n'était pas aussi sérieux que ça aurait pu l'être. Lire dans les pensées n'était après tout, pas un caractère propre à l'espèce des vampires. Je jouai le jeu et complétai son hypothèse.
“À une expression près,” corrigeai-je, “Théoriquement.”

Elle réprima un sourire – mon honnêteté, même vague, lui plaisait. “À une expression près, alors. Comment ça marche? Quelles sont les limites? Comment ce... quelqu'un... parviendrait-il à deviner où une autre personne se trouve à un moment précis? Comment saurait-il qu'elle a des ennuis?”

“Théoriquement?”
“Bien sûr.” Ses lèvres réprimèrent un sourire, et ses yeux bruns liquide étaient impatients.
“Eh bien,” hésitai-je. “Si... ce quelqu'un...”
“Appelons-le Joe,” suggéra-t-elle.

Je dus sourire face à son enthousiasme. Pensait-elle vraiment que la vérité serait une bonne chose? Si mes secrets étaient plaisants, pourquoi les lui cacherais-je?
“Va pour Joe,” acceptai-je. “Si Joe avait été plus attentif, le timing n'aurait pas été aussi serré.” Je secouai la tête et réprimai un frémissement à la pensée du peu qui avait manqué pour que j'arrive trop tard. “Il n'y a que toi pour t'attirer des problèmes dans une aussi petite ville. Tu aurais ruiné leurs statistiques sur la délinquance pour dix ans, tu sais.”

Les coins de ses lèvres se rabaissèrent, faisant la moue. “Nous parlons d'un cas hypothétique.”
Je ris de son irritation.
Ses lèvres, sa peau...elles paraissaient si douces. Je voulais les toucher. Je voulais poser le bout de mon doigt sur les bords de son froncement et la refaire sourire. Impossible. Ma peau la repousserait.

“En effet,” dis-je, revenant à la conversation avant de pouvoir me déprimer tout à fait. “T'appellerons-nous Jane?”
Elle se pencha en travers de la table, toute trace d'humour et d'irritation disparue de ses grands yeux.
“Comment as-tu su?” demanda-t-elle, d'une voix basse et intense.

Devais-je lui dire la vérité? Et, dans ce cas, jusqu'où devais-je aller?
Je voulais tout lui dire. Je voulais mériter la confiance que je voyais toujours sur son visage.

“Tu peux avoir confiance en moi, tu sais,” murmura-t-elle, et elle tendit la main comme pour toucher les miennes, posées à plat sur la table vide devant moi.
Je les retirai – détestant la pensée de sa réaction si elle touchait ma peau de pierre glacée – et elle laissa tomber sa main.

Je savais que je pouvais lui faire confiance pour qu'elle ne divulgue pas mes secrets; elle était, de la tête au pied, une personne de confiance, bonne jusqu'à la moelle. Mais je ne pouvais pas lui faire confiance pour qu'elle ne soit pas horrifiée par ces secrets. Elle devrait être horrifiée. La vérité était une horreur.

“Je ne suis pas sûr d'avoir encore le choix,” murmurai-je. Je me rappelai l'avoir taquinée, une fois, en la qualifiant de 'particulièrement inattentive.' Offensée, si j'en jugeai par son expression à ce moment-là. Bon, je pouvais au moins m'excuser de cette injustice-là. “Je me suis trompé. Tu es beaucoup plus observatrice que je ne le pensais.” Et, bien qu'elle ne puisse pas le savoir, j'avais compris qu'elle était très observatrice dès le début. Elle ne manquait rien.

“Et moi qui croyais que tu avais toujours raison,” me remémora-t-elle, souriant en me taquinant.
“Avant, oui.” Avant, je savais ce que je faisais. Avant, je maîtrisais le cours de ma vie. Et maintenant, tout n'était que chaos et tumulte.

Pourtant, je n'en changerai pour rien au monde. Je ne voulais pas de la vie rangée que j'avais eue. Pas si le chaos signifiait que je pouvais être avec Bella.
“J'ai commis une deuxième erreur à ton sujet,” continuai-je, changeant de sujet. “Ce ne sont pas les accidents que tu attires – cette classification est encore trop réduite. Ce sont les ennuis. Dès qu'un danger surgit dans un rayon de quinze kilomètres, il est invariablement pour toi.” Pourquoi elle? Qu'avait-elle fait pour mériter cela?

L'expression de Bella redevint sérieuse. “Et tu te places toi-même dans cette catégorie?”
L'honnêteté dans ma réponse à cette question était plus importante que pour n'importe quelle autre. “Sans équivoque.” **

Ses yeux se rétrécirent subrepticement – ils n'étaient plus suspicieux, mais curieusement soucieux. Elle tendit sa main à travers la table encore une fois, doucement et délibérément. Je reculai les miennes d'un centimètre, mais elle ignora mon geste, déterminée à me toucher. Je retins ma respiration – cette fois, pas à cause de son odeur, mais à cause de la soudaine tension qui m'envahissait. La peur. Ma peau allait la dégoûter. Elle allait s'enfuir en courant.

Elle caressa lentement le dessus de ma main avec le bout de ses doigts. La chaleur de son toucher doux et intentionnel ne ressemblait à rien de ce que j'avais ressenti jusqu'à présent. Ce fut presque du plaisir à l'état pur. Ou cela l'aurait été, si je n'avais pas été aussi effrayé. Je la dévisageai tandis qu'elle touchait la pierre glaciale qu'était ma peau, toujours incapable de respirer.

Un demi-sourire éclaira son visage.
“Merci,” dit-elle, relavant ses yeux incroyablement intenses pour rencontrer mon regard. “Cela fait deux fois, désormais.”

Ses doigts doux restaient sur ma main, comme s'ils trouvaient cela agréable.
Je répondit du ton le plus décontracté que je pus. “Essayons d'éviter une troisième occasion, d'accord?”
Elle grimaça, mais acquiesça.
Je repris ma main de sous la sienne. Aussi exquis que puisse être le fait de la toucher, je n'allais pas attendre que la magie de sa tolérance passe, se transforme en répulsion. Je cachai mes mains sous la table.

Je lus dans ses yeux; bien que son esprit fût silencieux, je percevais de la confiance et de l'étonnement émanant d'elle. Je réalisai à cet instant que je voulais répondre à ses questions. Pas parce que je le lui devais. Pas parce que je voulais mériter sa confiance.
Je voulais qu'elle me connaisse.

“Je t'ai suivie à Port Angeles,” lui révélai-je, les mots sortant trop vite pour que je puisse les modérer. Je savais que la vérité représentait un danger, que je prenais un risque. À tout instant, son calme peu naturel pouvait s'ébranler et se transformer en crise de nerfs. Au contraire, cette prise de conscience ne me poussa qu'à accélérer. “C'est la première fois que je m'évertue à garder une personne en vie et c'est beaucoup plus difficile que je ne le supposais. Sans doute parce qu'il s'agit de toi. Les gens ordinaires, eux, ont l'air de traverser l'existence sans collectionner les catastrophes.”

Je la dévisageai, attendant sa réaction.
Elle sourit. Ses lèvres se soulevèrent aux extrémités, et ses yeux chocolat pétillèrent chaleureusement.
Je venais d'admettre que je la suivais comme un traqueur obsessionnel, et elle souriant.

“As-tu jamais songé que les Parques avaient jugé que mon heure était venue, cette première fois, avec le fourgon, et que tu avais influé sur le destin?” demanda-t-elle.
“Ce n'était pas la première fois,” soufflai-je, baissant les yeux sur la nappe bordeaux foncé, mes épaules s'abaissant honteusement. Toutes les barrières étaient baissées, la vérité sortant toujours aussi imprudemment. “La première fois, ç'a été quand je t'ai rencontrée.”

C'était vrai, et cela m'énervait. J'avais été, face à sa vie, dans la position de la lame de guillotine. Comme si elle avait été maudite, condamnée à mort par un destin cruel et injuste, et – comme je ne m'étais pas révélé être un instrument assez efficace – ce même destin continuait d'essayer de l'exécuter. J'imaginai la personnification du destin – une vieille femme horrible et jalouse, une harpie vengeresse.

Je voulais quelque chose, quelqu'un, que je puisse tenir responsable pour cela – pour avoir quelque chose de concret à combattre. Quelque chose, n'importe quoi que je puisse détruire, pour que Bella soit en sécurité.

Bella était très calme; sa respiration s'était accélérée.
Je relevai mon regard vers son visage, sachant que j'allais enfin voir la peur que j'attendais. Ne venais-je pas d'avouer que j'avais manqué de la tuer? J'avais été plus près de la tuer que le fourgon qui, lui, avait été à deux doigts de l'écraser. Et pourtant, son expression était toujours calme, ses yeux rétrécis uniquement par le soucis.

“Tu te souviens?” Elle devait se rappeler cela.
“Oui,” dit-t-elle d'une voix égale et grave. Ses yeux profonds étaient emprunts de conscience.
Elle savait. Elle savait que j'avais voulu l'assassiner.
Où étaient les cris?

“Et pourtant, tu es là, assise avec moi,” dis-je, mettant l'accent sur cette contradiction.
“Et pourtant, je suis là...à cause de toi.” Son expression s'altéra, devint curieuse, tandis qu'elle changeait peu subtilement le sujet de conversation. “Parce que tu as réussi à me trouver...?”

Sans espoir, je poussai une nouvelle fois contre la barrière qui protégeait ses pensées, tentant désespérément de la comprendre. Cela n'avait aucun sens logique. Comment pouvait-elle seulement s'intéresser au reste avec cette vérité si criante devant elle?

Elle attendit, seulement curieuse. Sa peau était pâle, ce qui était normal pour elle, mais je me faisais quand même du soucis. Son dîner n'était presque pas entamé devant elle. Si je continuais de lui révéler tant de choses, elle allait avoir besoin d'un support quand le contrechoc se ferait sentir.

Je posai mes conditions. “Tu manges, j'explique.”
Elle y réfléchit une demi-seconde, puis avala une bouchée – si vite que cela la trahissait. Elle était plus anxieuse d'avoir ma réponse que ses yeux ne me l'avaient avoué.
“Ça a été plus difficile que prévu – de te suivre à la trace,”lui révélai-je. “D'habitude, ça ne me pose pas autant de problèmes, il suffit que j'aie déjà lu dans l'esprit de la personne.”

Je la dévisageai précautionneusement en prononçant ces paroles. Deviner ce qui allait arriver était une chose, voir ses craintes se confirmer en était une autre.
Elle se tint tout à fait immobile, les yeux écarquillés. Je sentis mes dents se serrer en attendant sa panique.
Mais elle sourcilla une fois, avala bruyamment, puis enfourna une autre bouchée. Elle voulait que je continue.

“Je gardais l'½il sur Jessica,” continuai-je – je percevais ses réactions pour chaque mot qui s'insinuait dans son esprit. “Un peu distraitement, je l'avoue – comme je te l'ai dit, seule toi pouvais te fourrer dans les ennuis à Port Angeles-” Je n'avais pas pu résister d'ajouter cela. Réalisait-elle que les autres vies humaines n'étaient pas maudites comme la sienne, harcelées par des événements souvent mortels, ou pensait-elle qu'elle était normale? Elle était la personne la plus éloignée de ce que l'on pourrait qualifier de 'normale' que j'aie jamais rencontrée. “Bref, je n'ai pas tout de suite compris que tu étais partie de ton côté. Quand je me suis aperçu que tu n'étais plus avec elles, je t'ai cherchée dans la librairie qui flottait dans sa tête. J'ai tout de suite deviné que tu n'y avais pas mis les pieds et que tu t'étais dirigée vers le sud... Je savais aussi que tu serais bientôt obligée de revenir sur tes pas. Donc, je t'ai attendue en scannant au hasard les esprits des gens alentour – afin de déceler si quelqu'un t'avait remarquée, ce qui m'aurait renseigné sur l'endroit où tu pouvais être. Je n'avais aucune raison de m'inquiéter... pourtant, j'étais étrangement anxieux...” Ma respiration s'accéléra en me rappelant ce sentiment de panique. Son odeur me lacéra la gorge, et j'en fus heureux. Cette douleur signifiait également qu'elle était vivante. Tant que je brûlais, elle était en sécurité.

“J'ai tourné dans le quartier en voiture... écoutant, aux aguets.”*** J'espérai qu'elle comprenait ces mots. Cela devait lui paraître assez confus. “Le jour se couchait et je m'apprêtais à continuer à pieds. Et là-”

La mémoire m'emporta – parfaitement claire, aussi vive que si je revivais le même instant – et je ressentis la même vague de fureur assassine se répandre en moi, me pétrifiant du même coup.

Je voulais sa mort. J'avais besoin de sa mort. Ma mâchoire se crispa tandis que je me concentrai pour rester en place, assis à table. Bella avait toujours besoin de moi. C'était la seule chose qui comptait.

“Et ensuite?” chuchota-t-elle, ses yeux sombres grands ouverts.
“J'ai perçu ce qu'ils préparaient,” crachai-je, incapable d'empêcher les mots de sortir en un grognement. “J'ai distingué ton visage dans leurs esprits.”

Je ne réussi à m'empêcher de bouger qu'à grand peine. Je savais toujours précisément où il se trouvait. Ses pensées noires se repéraient facilement dans la nuit, m'aspirant vers lui...

Je me couvrit le visage, car je savais que mon expression était celle d'un monstre, d'un traqueur, d'un meurtrier. Je fixai son image derrière mes yeux clos pour me contrôler, ne me concentrant que sur son visage. Le contour délicat de ses traits, la minceur de sa peau pâle – comme de la soie tendue sur du verre, incroyablement douce et facile à briser. Elle était trop vulnérable pour ce monde. Elle avait besoin d'un protecteur. Et, par une distorsion étrange du destin, j'étais le seul disponible qui corresponde à peu près à cette description.

J'essayai d'expliquer ma réaction de violence pour qu'elle comprenne.
“Ça a été... très dur – tu ne peux pas t'imaginer à quel point – de me contenter de t'emporter en les laissant...vivre,” soufflai-je. “J'aurais pu te ramener à Jessica et Angela et m'en aller, mais j'avais peur, si tu me laissais seul, de ne pas résister à mon envie de les pourchasser.”

Pour la deuxième fois de la soirée, j'avouais avoir voulu commettre un meurtre. Au moins, celui-là se défendait.
Elle fut silencieuse pendant que je peinai à retrouver mon calme. J'écoutai les battements de son c½ur. Leur rythme était irrégulier, mais il ralentit avec le temps jusqu'à devenir égal, tout comme sa respiration.

J'étais trop près de mes limites. Il fallait que je la ramène à la maison avant que...
Alors, allais-je le tuer? Allais-je redevenir un meurtrier alors qu'elle me faisait confiance? Y avait-il un moyen de m'arrêter?

Elle m'avait promis de me dire sa nouvelle théorie quand nous serions seuls. Avais-je envie de l'entendre? J'étais impatient de l'entendre, mais ne pas savoir ne vaudrait-il pas mieux que sa réponse à ma curiosité?

De toute façon, elle avait eu assez de réponses sincères pour ce soir.
Je la dévisageai de nouveau, et son visage était plus pâle qu'avant, mais son expression composée.

“On rentre?” proposai-je.
“Je suis prête à partir,****” dit-t-elle, ayant l'air de choisir ses mots soigneusement, comme si un simple 'oui' n'exprimait pas entièrement ce qu'elle voulait dire.
Frustrant.

La serveuse revint. Elle avait entendu la dernière phrase de Bella alors qu'elle tournait en rond de l'autre côté du panneau de séparation, se demandant ce qu'elle pouvait m'offrir de plus. J'aurai pu rouler des yeux devant certaines de ses divagations.

“Tout s'est bien passé?” me demanda-t-elle.
“Oui, merci. La note, s'il vous plaît,” lui lançai-je, les yeux sur Bella.
La respiration de la serveuse s'accéléra, et elle fut momentanément – pour utiliser les mots de Bella – éblouie par ma voix.

Dans un soudain moment de perception, en entendant la façon dont ma voix sonnait dans la tête de cet humaine sans importance, je réalisai pourquoi je semblais provoquer tant d'admiration ce soir – sans superposition avec la peur usuelle.

C'était à cause de Bella. En essayant de tout mon corps de la garder en sécurité, d'être moins effrayant, d'être humain, j'avais réellement perdu mon côté obscur. Les autres humains ne voyaient que de la beauté à présent, mon horreur inhérente étant si radicalement sous contrôle.

Je levai les yeux vers la serveuse, attendant qu'elle reprenne ses esprits. C'était assez drôle, maintenant que j'en comprenais la raison.
“Oh, oui, bien sûr,” balbutia-t-elle. “La voilà.”

Elle me tendit le portefeuille avec la note, en pensant à la carte qu'elle y avait glissé, derrière le reçu. Une carte avec son nom et son numéro de téléphone.
Oui, c'était plutôt amusant.

Une nouvelle fois, l'argent était prêt dans ma main. Je lui rendis directement le portefeuille, pour qu'elle ne passe pas son temps à attendre un coup de téléphone qui ne viendrait pas.
“Gardez la monnaie,” lui lançai-je, espérant que le montant du pourboire lui ferait ravaler sa déception.
Je me levai, et Bella me suivit aussitôt. Je voulus lui offrir ma main, mais je songeai que cela serait un peu pousser ma chance pour ce soir. Je remerciai la serveuse, sans jamais quitter le visage de Bella des yeux. Bella semblait trouver quelque chose amusant, elle aussi.

Nous sortîmes; je marchai aussi près d'elle que je l'osai. Assez près pour que la chaleur émanant d'elle se ressentait sur tout le côté gauche de mon corps et me donnait l'impression de la toucher. Au moment où je lui tenais la porte du restaurant, elle soupira, et je me demandai quel regret la rendait triste. Je plongeai mon regard dans ses yeux, sur le point de le lui demander, mais elle baissa subitement son regard, l'air embarrassé. Cela me rendit plus curieux encore, tout en me rendant plus réticent à le lui demander. Le silence continua entre nous tandis que je j'ouvrai sa portière, puis montai dans la voiture.

Je mis le chauffage en marche – les beaux jours avaient laissé brutalement place à un temps bien plus froid, ce qui devait lui être désagréable. Elle s'emmitoufla dans ma veste, un léger sourire sur les lèvres.

J'attendis, remettant la conversation à plus tard, jusqu'à ce que les lumières de la ville s'éloignent. Je me sentis plus seul avec elle.
Quelle était la bonne chose? Maintenant que je lui consacrais toute mon attention, la voiture semblait vraiment très étroite. Son odeur se répandait, accentuée par le chauffage, de plus en plus entêtante. Elle grandissait comme une force à part entière, une entité de plus dans la voiture. Une présence qui réclamait sa reconnaissance.

Elle l'eut; je brûlai. La brûlure était pourtant supportable. Elle me semblait étrangement appropriée. On m'avait tant donné ce soir – bien plus que je ne l'avais espéré. Et elle était là, toujours à mes cotés par sa propre volonté. Je devais quelque chose en retour. Un sacrifice. Une offrande dans les flammes.

Si seulement je pouvais en rester là; brûler, c'est tout. Mais le venin se déversait dans ma bouche, et mes muscles se raidirent en anticipation, comme si j'étais en train de chasser...

Il fallait que je bannisse de telles pensées de mon esprit. Et je savais ce qui me distrairait.
“Et maintenant,” lui dis-je, la peur de sa réponse prenant la place de la brûlure. “À ton tour.”
​ 0 | 13 |
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.226) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le vendredi 16 janvier 2009 22:34

MIDNIGHT SUN -Chapitre 10- Théorie

.
.
.
.
.


“Puis-je juste te demander une dernière chose” entama-t-elle au lieu de répondre à ma demande.
J'étais tendu, anxieux d'entendre la suite. Et pourtant, combien il était tentant de prolonger ce moment. Avoir Bella avec moi, de son propre chef, juste pour quelques secondes de plus. Je soufflais devant le dilemme.

“Juste une”.
“Eh bien...” elle hésita durant un court moment, comme si elle se demandait quelle question poser. “Tu as dit que tu savais que je n'étais pas rentrer dans la librairie, et que j'allais vers le Sud. Je me demandai juste comment tu as fait pour le savoir?”
Je regardai à travers la fenêtre. Voilà une autre question qui ne révélait rien de ses suppositions, et beaucoup trop sur moi.

“Je pensais qu'on avait dépassé le stade où tu te défilai?” dit elle la voix remplis de sarcasme et de déception.
Comme c'était ironique. Elle même se défilait sans même le savoir.
Eh bien, elle voulait que je sois direct. Et cette conversation ne menait à rien de toutes façons.
“Très bien, tu l'auras voulus” dis-je. “Je t'ai flairé”.
Je voulus regardé son visage, mais j'avais peur de ce que j'allais voir. A la place, j'écoutai sa respiration s'accélérer puis se stabiliser. Elle parla de nouveau après un moment, et sa voix fut plus contrôlée que je ne l'auras cru.

“Et puis, tu n'as pas répondu à l'une de mes premières questions...” dit-elle.
Je la regardai, fronçant les sourcils. Elle ne bougeait plus.
“Laquelle?”

“Comment ça marche - pour lire dans les pensées?” demanda-t-elle, réitérant sa question du restaurant. “Est ce que tu peux lire les pensées de tout le monde, partout? Comment fais-tu? Est ce que le reste de ta famille...?” Elle enchaîna tout, rougissant de nouveau.
“Ca fait plus qu'une question”, dis-je.
Elle me regarda dans l'attente des réponses.
Pourquoi ne pas tout lui dire. Après tout n'avait-elle pas deviné une grande partie, et c'était un sujet plus facile que celui qui allait suivre.

“Non, je suis le seul. Et je ne peux pas entendre tout le monde partout. Je dois être assez prêt. Plus la voix est... familière, plus je peux les entendre de loin. Mais pas plus loin que quelques kilomètres.” J'essayai de penser à un moyen de le décrire pour qu'elle puisse comprendre. Une analogie à laquelle elle pourrait s'accrocher. “C'est un peu comme être dans un grand hall remplit de gens qui parlent tous en même temps. C'est un brouhaha - des voix en arrière plans. Jusqu'à ce que je me concentre sur un voix, et puis ce que cette personne pense devient clair. La plupart du temps, j'éteins tout - c'est très perturbant sinon. Et puis c'est plus facile de me comporter normalement ainsi.” Je grimaçai - “quand je ne répond pas aux pensées de quelqu'un plutôt qu'à ses mots, accidentellement.”

“A ton avis, pourquoi ne peux-tu pas m'entendre?” demanda-t-elle.
J'allais lui dire la vérité grâce à une autre analogie.
“Je ne sais pas” admis-je. “Ma seule supposition c'est que ton esprit ne fonctionne pas comme ceux des autres. Comme si tu était sur onde coutre alors que je ne capte que les ondes longues.”
Je réalisais qu'elle n'aimerait pas cette analogie là.
Le fait d'attendre sa réaction me fit sourire. Elle ne semblait pas déçue.
“Mon esprit ne fonctionne pas correctement?” demanda-t-elle, la voix remplie de chagrin. “Est ce qu'il y a un problème avec moi?”
Ah, encore l'ironie.

“Je lis dans les pensées, et tu penses que tu as un problème.” Je ris. Elle comprenait les moindres petits détails, et pourtant, les choses évidente lui échappaient. Elle avait de mauvais instincts...
Bella mordillait ses lèvres, et le creux entre ses yeux se plissa.
“Ne t'inquiète pas” la rassurai-je. “C'est juste une théorie...” Et il y avait une théorie bien plus importante dont nous devions discuter. J'étais anxieux d'en finir. Chaque seconde qui passait me semblait de plus en plus comme la dernière.

“Ce qui nous ramène à toi,” dis-je, divisé en deux, anxieux et réticent.
Elle poussa un soupir, mordant toujours sa lèvre - je me demandai si allait se faire mal. Elle fixa mes yeux, le visage crispé.

“Est ce que tu te défiles?” dis-je doucement.
Elle baissa le regard, luttant avec elle même. Soudainement, elle ouvrit grand les yeux. La peur s'inscrit sur son visage pour la première fois.
“Oh mon Dieu” hurla-t-elle.
Je paniquai. Qu'avait-elle vu? Comment l'avais-je effrayée?
Puis elle lança “Ralentis!”

“Qu'est ce qui ne va pas?” Je ne comprenais pas d'où venait sa terreur.
“Tu roules à 160 kilomètres heures!” hurla-t-elle. Elle jeta un regard par la fenêtre, en direction des arbres sombres qui filaient sur le côté.
C'était ça, un petit peu de vitesse qui l'avait terrorisé?
Je levé les yeux au ciel. “Relax Bella.”
“Est ce que tu essais de nous tuer?” demanda-t-elle, sa voix haute et aiguë.
“On ne va pas avoir d'accident,” lui promis-je.
Elle reprit sa respiration puis dit un peu plus fort. “Pourquoi vas-tu si vite?”
“Je conduis toujours ainsi”

Je rencontrai son regard, amusé par ses expressions choquées.
“Gardes tes yeux sur la route” me cria-t-elle.
“Je n'ai jamais eu d'accidents, Bella. Je n'ai même jamais eu d'amendes.” Je lui fit une grimace en me touchant le front. Cela fut encore plus drôle - l'absurdité de pouvoir lui faire une blague sur un sujet aussi secret et bizarre. “J'ai un détecteur de radar intégré”.

“Très drôle,” dit-elle sur un ton sarcastique, sa voix plus effrayée qu'énervée.
“Charlie est un flic tu te souviens? J'ai le code de la route dans le sang. Et puis si tu écrasais ta petite Volvo contre un tronc d'arbre, tu t'en sortirai probablement indemne.”
“Probablement” repetai-je, riant sans humour. Oui, nous nous en sortirions différement dans un accident de voiture. Elle avait raison d'avoir peur, malgré ma conduite...”Mais toi non”.
En soupirant, je réduisais la vitesse de la voiture. “Contente?”
Ses yeux se fixèrent sur le compteur “Presque”

C'était encore trop rapide pour elle? “Je déteste conduire lentement,” murmurai-je, laissant l'aiguille s'abaisser un peu plus.

“C'est lent pour toi ça?” demanda-t-elle.
“Assez de commentaire sur ma façon de conduire,” dis-je impatiemment. Combien de fois avait-elle éludé ma question? Trois? Quatre? Ses spéculations étaient-elles si horribles? Je devais le savoir - immédiatement. “J'attend toujours ta dernière théorie.”
Elle mordilla ses lèvres une fois de plus, et son expression passa de l'embarras à la douleur.
Je retins mon impatience, adoucissant ma voix. Je ne voulais pas qu'elle soit anxieuse.
“Je ne rigolerai pas” promis-je, espérant que seule l'embarassement l'empêchait de parler.
“Je un peu peur que tu sois énervé après moi”, murmura-t-elle.
Je m'efforçais de garder une voix neutre. “Est-ce si horrible?”
“Je crois que oui”

Elle baissa son regard, refusant de rencontrer mes yeux; Les secondes défilaient.
“Vas-y” l'encourageai-je.

Sa voix était très basse. “Je ne sais pas par où commencer.”
“Pourquoi ne commence tu pas par le début?“ Je me souvenais de ce qu'elle avait dit pendant le dîner. “ Tu as dit que tu n'avais pas trouvé cette théorie seule.”
“C'est vrai” acquisca-t-elle, puis le silence revint.
Je pensais à ce qui avait pu l'inspirer. “Qu'est ce qui t'as mis sur la voie - un livre? Un film?”
J'aurais du fouiller dans ses collections lorsqu'elle n'était pas chez elle. Je ne savais pas si Bram Stoker ou Anne Rice en faisait partie...

“Non” rajouta-t-elle. “C'était Samedi à la plage.”
Je ne m'attendais pas à ça. Les rumeurs locales qui nous concernaient n'avaient jamais rapportés de faits trop étranges - ou trop précis. Y avait-il une nouvelle rumeur que j'avais loupé? Bella me regarda rapidement, découvrant la surprise sur mon visage.
“Je suis tombée sur un vieil ami de la famille - Jacob Black, “ elle continua. “Son père et Charlie sont amis depuis que je suis bébé.”

Jacob Black - le nom ne m'était pas familier, et pourtant me rappelait quelque chose...il y a longtemps... je regardai à travers la fenêtre, cherchant à travers mes souvenirs pour établir une connexion.
“Son père est un des Anciens de la tribu Quileute, “ dit-elle.
Jacob Black. Ephraim Black. Sans doute un descendant.
Ca partait mal.

Elle connaissais la vérité.
Mon esprit se dissipait tandis que la voiture se perdait dans les virages, mon corps crispé par l'angoisse - immobile, à part un légère mouvement pour conduire la voiture.
Elle connaissais la vérité.
Mais...elle l'avais apprise Samedi...donc elle l'avait su toute la soirée...et pourtant...
“Nous sommes parties nous balader,” continua-t-elle. “Et il me racontait de vieilles légendes, pour me faire peur, je suppose. Il m'en a raconté une sur...”
Elle s'arrêta, mais son suspens ne servait à rien. Je savais ce qu'elle allait dire. Le seul mystère qui persistait était de savoir pourquoi elle restait avec moi maintenant.
“Continue,” lui dis-je.

“Sur les vampires”, elle souffla les mots dans un murmure.
D'une certains façon, c'était pire que de savoir qu'elle savait, de l'entendre prononcer ce mot à voix haute. Je frémis au son, puis repris le contrôle.
“Et tu as immédiatement pensé à moi?” lui demandai-je.
“Non. Il a mentionné ta famille.”

Comme c'était ironique que la propre descendance d'Ephraim viole le traité que lui même avait instauré. Son petit fils, ou arrière petit fils peut-être. Combien d'années avaient passées.? Soixante-dix?
J'aurais du me rendre compte que ce ne serait pas les vieux hommes qui croyaient au légendes qui poseraient un problème. Bien sur, la jeune génération - ce qui auraient été prévenus, riant des anciennes superstitions - bien sur c'est de la que viendrait le danger de l'exposition.
Je supposais que cela signifiait que je pouvais désormais m'attaquer à la petite tribu sans défense. Ephraim et sa troupe de protecteurs étaient tous morts.
“Il a juste pensé que c'était une superstition débile” dit Bella, sa voix pleine d'anxiété. “Il ne pensait pas que j'y croirait.”

Du coin de l'oeil, je la voyais se frotter les mains.
“C'était ma faute en fait” dit-elle après une courte pause, puis elle baissa la tête comme sous le poids le la honte. “Je l'ai forcé à me le dire”.
“Pourquoi?” Il m'était plus facile de contrôler ma voix maintenant. Le pire était derrière moi. Alors que nous parlions des détails de cette révélation, nous éludions les conséquences.
“Lauren a dit quelque chose à propos de toi - elle essayait de me provoquer. “ Elle fit une grimace. J'étais un peu perturbé, me demandant comment Bella pouvait se sentir provoqué par quelqu'un qui parlait de moi...”Un garçon plus âgé de la tribu a dit que ta famille ne venait pas à la réserve, seulement on aurait dit qu'il disait quelque chose d'autre. Donc j'ai isolé Jacob, et je l'ai piégé.”
Sa tête se baissa encore un peu plus en admettant cela. Son expression ressemblant à de la...culpabilité.
Je tournai mon regard, puis ris à pleine voix. Elle se sentais coupable. Qu'avait-elle pu faire pour mériter ce sentiment?

“Tu l'as piégé comment?” demandai-je
“J'ai essayé de la draguer - ça a marché, et bien mieux que je ne l'espérais,” expliqua-t-elle, sa voix incrédule devant le succès.

Je pouvais déjà imaginer - considérant l'attraction qu'elle déclenchait chez tous les hommes, complètement inconsciemment - combien elle devait être irrésistible quand elle essayait d'être attrayante. J'éprouvais soudain une vague de pitié pour ce jeune garçon, sur lequel elle avait lâché un tel potentiel.
“J'aurais aimé voir ça” dis-je, riant de mon humour noir. J'aurais aimé voir les réactions de ce jeune garçon, être témoin de cette déchéance.

“Et tu m'accuses d'éblouir les gens - pauvre Jacob Black.”
Je n'étais pas énervé après lui, la source de mon exposition, comme je pensais l'être. Il ne savait pas. Et comment pouvais-je attendre de quelqu'un qu'il repousse cette fille? Non, j'avais juste de la sympathie pour tous les dégâts qu'elle avait du lui occasionner.
Je sentis qu'elle rougissait, et la chaleur émaner. Je lui jetai un regard, elle regardai par la fenêtre. Elle ne parlait pas.

“Qu'as tu fait après?” Il était temps de retourner à l'histoire qui fait peur.
“J'ai fait quelques recherches sur Internet.”
Toujours pratique. “Est-ce que ça t'as convaincus?”
“Non” dit-elle. “Rien ne correspond. Ce sont des conneries pour la plupart. Et puis -”
Elle s'arrêta de nouveau, et j'entendis ses mâchoires se verrouiller.
“Quoi?” demandai-je. Qu'avait-elle trouver? Est ce que ce cauchemar avait pris un sens pour elle?
Il y eut une courte pause, puis elle chuchota, “j'ai décidé que ca n'avait pas d'importance.”
La choc gela mes pensées pendant une demi seconde, puis je me ressaisit. Pourquoi avait-elle quitté ses amies ce soir au lieu de s'échapper avec elles. Pourquoi était-elle montée en voiture avec moi au lieu de partir en courant, appelant la police...

Ses réactions étaient toujours les mauvaises - totalement mauvaises. Elle attirait le danger. Elle l'invitait.
“Pas d'importance?” dis-je les dents serrées, plein de rage. Comment pouvais-je la protéger quelqu'un de si...si...si déterminé à ne pas l'être.
“Non” dit elle d'une voix si basse que c'en était automatiquement tendre. “Ca n'a pas d'importance pour moi ce que tu es.”
Elle était impossible.
“Tu t'en fiches que je sois un monstre. Que je ne sois pas humain?”
“Oui”

Je la regardai pour m'assurer qu'elle avait tous ses esprits.
Je suppose que je pourrais m'arranger pour qu'elle ait les meilleurs traitements possibles...Carlisle aurait des connections avec les meilleurs médecins, les psychiatres les plus talentueux. Peut être que quelque chose pouvait être fait pour réparer ce qui n'allait pas chez elle, peu importe ce qui faisait qu'elle pouvait rester assise à côté d'un vampire, avec un rythme cardiaque calme. Je surveillerai l'institut, et rendrai visite aussi souvent que possible...

“Tu es énervé. Je n'aurais rien du dire.”
Comme si le fait qu'elle me cache ce genre de choses allaient nous aider elle comme moi.
“Non. Je préfère savoir ce que tu penses - même si c'est quelque chose de complètement fou.”
“Alors, j'ai une nouvelle fois tort?” demanda-t-elle, légèrement agressive maintenant.
“Ce n'est pas ce que j'ai dit!” Mes dents s'entrechoquèrent. “Ca n'a pas d'importance!” repetai-je blessé.
Elle sursauta. “J'ai raison?”
“Est ce que c'est important?” contrai-je.
Elle pris une grande inspiration. J'attendais sa réponse énervé.
“Pas vraiment,” dit-elle, la voix calme une nouvelle fois. “Mais je suis curieuse”.
Pas vraiment. Ca n'avait pas d'importance. Elle s'en moquait. Elle savait que j'étais inhumain, un monstre, et ça ne la dérangeais pas.
Mis à part mes interrogations sur sa santé mentale, je commençais à me sentir pleins d'espoirs. J'essayais de ne pas y penser.

“Curieuse de quoi?" demandai-je. Il n'y avait plus de secrets, juste quelques petits détails non dévoilés.
“Quel âge as-tu?” demanda-t-elle.
Ma réponse fusa automatiquement “Dix sept ans.”
“Depuis combien de temps as-tu dix sept ans?”
J'essayais de ne pas rire à son ton sérieux. “Un bout de temps” admis-je.
“D'accord” dit-elle enthousiaste. elle me sourit. Quand je la regardai, anxieux une nouvelle fois concernant son état mental, elle me sourit encore plus. Je grimaçais.

“Ne ris pas” prevint-elle. “Mais comment se fait-il que tu sortes en plein jour?”
Je ris malgré sa requête. Ses recherches n'avaient rien d'inhabituel. “Mythe” lui dis-je.
“Le soleil vous réduit en cendre?”
“Mythe”
“Vous dormez dans des cercueils?”
“Mythe”
Dormir n'avait jamais fait partie de ma vie - pas jusqu'à ces dernières nuit, alors que je regardai Bella rêver...
“Je ne dors pas,” murmurai-je, répondant un peu plus à sa question.
Elle resta silencieuse un moment.
“Jamais?” demanda-t-elle
“Jamais” soufflai-je.

Je regardai ses yeux, sous ses paupières, comme plongées dans un profond sommeil. Pas pour oublier, pas, comme je l'avais fait avant par ennui, mais parce que je voulais rêver. Peut-être, si je pouvais être inconscient, si je pouvais rêver, pourrais-je vivre quelques heures dans un monde ou elle et moi pouvions être ensemble. Elle rêvait de moi. Je voulais rêver d'elle.
Elle me fixa a son tour, son expression pleine de questionnements. Je devais détourner le regard. Je ne pouvais pas rêver d'elle. Elle ne devrait pas rêver de moi.
“Tu ne m'as pas encore posé la question a plus importante,” dis-je, ma poitrine plus dure et froide qu'avant. Je me devais de lui faire comprendre. A un certain point, elle devrait se rendre compte de ce qu'elle faisait. Je me devais de lui faire comprendre que tout cela avait de l'importance - plus que tout le reste. Le reste comme le fait que je l'aimais.

“Laquelle est-ce?” demanda-t-elle, surprise.
Cela rendit ma voix plus dure encore. “Tu ne te demandes pas ce que je mange?”
“Oh. Ca”. Elle parla d'un ton calme que je ne pouvais pas interrompre.
“Oui. Ca. Ne veux-tu pas savoir si je bois du sang?”
Elle prit un peu de distance face à ma question. Finalement. Elle comprenait.
“Eh bien, Jacob a dit quelque chose là dessus” dit elle.
“Qu'a-t-il dit?”

“Il a dit que vous ne...chassiez pas les gens. Il a dit que ta famille n'était pas supposé être dangereuse car vous chassiez seulement les animaux.”
“Il a dit que nous n'étions pas dangereux?” repetai-je cyniquement.
“Pas exactement” clarifia-t-elle. “ Il a dit que vous n'étiez pas supposé être dangereux. Mais les Quileutes ne vous voulaient pas sur leurs terres, juste au cas où.”
Je regardai la route, mes pensées sans espoirs, ma gorge luttant avec cette soif féroce.
“Alors, avait-il raison?” demanda-t-elle, aussi calmement que si je venais de lui confirmer des prévisions météos. “Sur le fait que vous ne chassiez pas les hommes?”
“Les Quileutes ont une bonne mémoire.”

Elle acquiesça doucement, perdue dans ses pensées.
“Ne soit pas trop confiante cependant” dis-je rapidement. “Ils ont raison de garder leurs distances avec nous. Nous sommes très dangereux.”
“Je ne comprends pas.”
Bien sur que non elle ne comprenait pas. Comment lui faire voir?
“Nous essayons” lui dis-je. “On y arrive la plupart du temps. Parfois nous faisons une erreur. Moi, par exemple, en étant seul avec toi.”
Son parfum était toujours une entité à part entière dans la voiture. Je m'y habituai, je pouvais presque l'ignorer, mais je ne pouvais pas renier que mon corps était attiré par elle pour de mauvaises raisons. Ma bouche nageais dans le venin.

“C'est une erreur? demanda-t-elle, comme si elle avait le coeur brisé. Cela me désarma. Elle voulait être avec moi - malgré tout cela, elle le voulait.
L'espoir revint de nouveau et me frappa très fort.
“Une erreur très dangereuse” lui dis-je honnêtement, espérant que la vérité cesse d'être importante.
Elle ne répondit pas pendant un moment. Je pouvais entendre sa respiration changer - dans une direction qui n'indiquait pas la peur ;

“Dis m'en plus” dit-elle soudainement, sa voix tordue du douleur.
Je l'examinai attentivement.
Elle souffrait. Pourquoi avais-je permit cela?
“Que veux tu savoir de plus?” demandai-je essayant de trouver un moyen pour ne pas qu'elle souffre. Elle ne devais pas souffrir. Je ne pouvais pas la laisser souffrir.
“Dis moi pourquoi tu chasses des animaux au lieu d'hommes” dit elle toujours souffrante.
N'était-ce pas évident? Ou peut-être qu'elle s'en moquait aussi.
“Je ne veux pas être un monstre.” murmurai-je.
“Mais les animaux n te suffisent pas?

Je recherchai une autre comparaison, une manière de lui faire comprendre. “Je ne suis pas bien sur, mais, disons c'est comme vivre de Tofu et lait de soja; nous nous considérons comme des végétariens, une petite blague entre nous. Cela ne satisfait jamais complètement notre faim - ou plutôt notre soif. Mais cela nous donne assez de force pour résister. La plupart du temps. “ Ma voix s'abaissait; j'avais honte du danger dans lequel je la mettais. Un danger que je continuai d'accepter...
“Parfois, c'est plus difficile que d'autres.”
“Est ce que c'est très difficile maintenant?”

Bien sur, elle posait la question à laquelle je n'avais pas envie de répondre. “Oui” admis-je.
Cette fois la réaction que j'attendait fut la bonne : sa respiration s'arrêta, son coeur s'emporta; Je l'attendait, mais ne la comprenait pas. Comment pouvait-elle ne pas être effrayé?
“Mais tu n'as pas faim maintenant,” déclara-t-elle, parfaitement sur d'elle même.
“Qu'est ce qui te laisse pensé ça?”

“Tes yeux” dit-elle calmement. “je t'ai dit que j'avais une théorie. J'ai remarqué que les gens - les hommes en particulier - son plus maussade lorsqu'ils ont faim.”
Je souris à sa description : maussade. C'était bien en dessous de la vérité. Mais elle avait raison sur toute la ligne. Comme d'habitude. “Tu es très observatrice n'est pas?” je ris de nouveaux.
Elle sourit légèrement, la ride entre ses yeux réapparaissant comme si elle était concentrée ou quelque chose dans le genre.

“Tu chassais ce week-end avec Emmett?” demanda-t-elle après que mon rire ce soit évanouis. Sa façon de parler si détendue était aussi fascinante que frustrante. Pouvait elle vraiment accepter tout cela sans ciller? J'étais plus choqué qu'elle.

“Oui” lui dis-je, puis, alors que j'allais la laisser la dessus, je ressentis le même besoin que dans le restaurant; je voulais qu'elle me connaisse. “Je ne voulais pas partir” je continuai doucement “mais c'était nécessaire. Il m'est plus facile d'être avec toi quand je n'ai pas soif.”
“Pourquoi ne voulais-tu pas partir?”
Je pris une grande inspiration, puis me tournait pour la regarder droit dans les yeux. Ce genre d'honnêteté était beaucoup plus difficile.
“Ca me rend... anxieux”, je pensais que ce mot suffirait, pourtant, il n'était pas assez fort, “d'être loin de toi. Je ne plaisantais pas Jeudi dernier, quand je t'ai demandé de faire attention de ne pas tomber dans l'Océan ou te faire écraser. J'ai été distrait tout le week-end, m'inquiétant pour toi. Et après ce qui est arrivé ce soir, je suis surpris que tu ai réussit à survivre tout le week-end sans une écorchure.” Puis je me souvins de ses blessures aus mains. “Enfin presque sans écorchure.”

“Quoi?”
“Tes mains” lui rapelai-je.
Elle les regarda en grimaçant. “Je suis tombée”.
j'avais eu raison. “C'est bien ce que je pensais” dis-je incapable de réprimer un sourire. “J'imagine, qu'avec toi ca aurait pu être pire - et cette possibilité ma tourmenté tout le temps ou j'étais parti. Ce furent trois jours trés long. J'ai vraiment rendu Emmett complètement fou.” Honnêtement, c'était toujours le cas. J'énervais probablement toujours Emmett et le reste de la famille. Excepté Alice...
“Trois jours? dit-elle, la voix aiguë. “Je croyais que tu étais rentré aujourd'hui seulement?”
Je ne comprenais pas son ton. “Non, nous sommes revenus Dimanche.”
“Alors pourquoi n'étais-tu pas au lycée?” demanda-t-elle. Son irritation me déboussola. Elle ne semblait pas réaliser que cette question avait un rapport avec ma mythologie.
“Eh bien tu as demandé si le soleil nous blessait, et ce n'est pas le cas. Mais nous ne pouvons pas sortir en pleine lumière, pas si il y a du monde autour.”
Je la distrayais de ce qui l'a contrariai mystérieusement. “Pourquoi?” demanda-t-elle, allongant sa tête sur le côté.

Je doutais trouver une analogie appropriée pour expliquer cela. Donc je décidai de simplement lui dire, “Je te montrerai un jour”. Puis je me demandai si je tiendrai cette promesse. La reverrai-je après ce soir? L'aimais-je assez pour m'éloigner d'elle?
“Tu aurais pu m'appeler,” dit-elle.
Quelle conclusion étrange. “Mais je savais que tu allais bien.”
" Mais moi je ne savais pas où tu étais. Je - “ Elle s'arrêta soudainement regardant ses mains .
“Quoi?”
“Je n'ai pas aimé” dit-elle timidement, la peau de ses joues rougissant. “ Ne pas te voir. Ca me rend anxieuse aussi.”

Es-tu heureuse maintenant? me demandai-je à moi même. Et bien voilà ma récompense pour avoir espéré.
J'étais perplexe, exaltant, horrifié - surtout horrifié - que tous mes rêves les plus fous se trouvent si proche d'être exaucer. Voilà pourquoi ça ne la dérangeai pas que je sois un monstre. Et pour cette exacte même raison, je me fichai complètement des règles a présent.
Pourquoi le bien et le mal n'avait plus d'influence sur moi. Pourquoi toutes mes priorités s'étaient-elles éclipsées laisser cette fille se glisser en haut de ma liste.
Bella m'appréciait aussi.
Je savais que ça n'était rien en comparaison de combien moi je l'aimais. Mais c'était assez pour qu'elle risque sa vie en étant assise à côté de moi. Et y prendre plaisir.
Assez pour la blesser si je faisais la bonne chose, c'est à dire, m'éloigner d'elle.
Y avait-il quelque chose que je pourrais faire et qui ne la blesserait pas? Quoi que ce soit?
J'aurais du garder mes distances. Je n'aurais jamais du revenir à Forks. Je ne lui apporterai que de la souffrance.

Cela m'empecherait-il de rester ici? Empirant la situation?
Cette sensation à présent, sa chaleur sur ma peau...
Non. Rien ne pourrait m'arrêter.
“Ah” grognais-je pour moi-même. “Ca devient compliquer”.
“Qu'est ce que j'ai dis?” demanda-t-elle, ramenant rapidement la faute sur elle.
“Ne vois-tu pas Bella? C'est une chose que je souffre, mais c'est totalement différent si toi tu commences à être impliquée. Je ne veux pas que tu souffres ainsi.” C'était un mensonge, et c'était la vérité. L'égoïste en moi planait de savoir qu'elle me voulait autant que je la voulais. “C'est mal. C'est risqué. Je suis dangereux Bella - s'il te plaît, rentre toi ça dans le crâne.”
“Non”. Elle fit la moue.

“Je suis sérieux.” Je luttai avec moi même si fort - moitié désespéré qu'elle accepte, à moitié qu'elle ne s'échappe pas - que les mots sortirent de ma bouche en un grognement.
“Moi aussi je sui sérieuse” insista-t-elle. “Je te l'ai dit, ça n'a pas d'importance ce que tu as. C'est trop tard.”
Trop tard? Le monde fut désespérément noir et blanc durant une seconde interminable tandis que je regardai les ombres rampant vers l'image de Bella endormie. Inévitable, instoppable. Elles volèrent la couleur de sa peau, la plongeant dans les ténèbres.
Trop tard? La vision d'Alice tourna dans mon esprit, les yeux rouge sang de Bella fixant mon impassivité. Sans expression - mais il était impossible qu'elle ne me haïsse pas pour ce future. Me haïr pour lui avoir volé quelque chose. Voler sa vie et son âme.
Il ne pouvait pas être trop tard.
“Ne redis jamais ça” sifflai-je.

Elle regarda à travers la fenêtre, se mordant les lèvres de nouveau. Ses mains étaient serrées en poings sur ses cuisses. Sa respiration s'accéléra puis se perdit.
“A quoi penses-tu?” Je devai savoir.

Elle secoua la tête sans se retourner. Je vis quelque chose briller, comme du cristal, sur sa joue.
L'agonie. “Est ce que tu pleures?” Je l'avais fait pleurer. Je lui avais fait mal à ce point.
Elle balaya ses larmes du dos de la main.
“Non” mentit-elle, la voix brisée.
Un instinct enfoui me poussa à tendre ma main vers elle - à cette instant je me sentais plus humain que je ne l'avais jamais été. Puis je me souvins que je...ne l'était pas.
“Je suis désolé” dis-je les mâchoires verrouillées. Pourrais-je un jour lui dire à quel point j'étais désolé? Désolé pour toutes ces erreurs stupides que j'avais fait. Désolé pour mon égoïsme sans borne. Désolé qu'elle soit assez malchanceuse pour être l'objet de mon premier amour tragique. Désolé, aussi, pour les choses qui n'était pas de mon ressort - que je fus le monstre choisit par le destin pour mettre un terme à sa vie.
Je pris une profonde inspiration - ignorant ma réaction violente au parfum de la voiture - essayant de me ressaisir.

Je voulais changer de sujet, pour penser à quelque chose d'autre. Heureusement pour moi, ma curiosité à propos de cette fille était insatiable. J'avais toujours une question en réserve.
“Dis moi quelque chose,” dis-je
“Oui” demanda-t-elle sèchement, les larmes inondant toujours sa voix.
“A quoi pensais-tu ce soir, juste avant que je ne débarque? Je n'ai pas compris ton expression - tu n'avais pas l'air effrayée, c'est comme si tu t'étais concentré sur quelque chose trés fort”. Je me souvenais de son visage - essayant d'oublier les yeux à travers desquels je la regardai - de sa détermination.
“J'essayai de me rappeler comment immobiliser un adversaire,” dit-elle, la voix calme. “Tu sais, self-défense. J'allais lui écraser le nez jusqu'à lui rentrer dans le crâne.”
Son calme disparut avant la fin de son explication. Son ton se transforma en haine. Ce n'était pas une hyperbole, et sa furie de petit chat n”était pas drôle non plus. Je pouvais voir sa silhouette frêle - la peau sur les os - dominée par ces hommes, baraqués aux gros poings, prêts à lui faire du mal. La furie bouillait au fond de ma tête.

“Tu allais te battre avec eux?” je voulais grogner. Ses instincts étaient mortels - pour elle même. “Tu n'as pas penser à courir?”
“Je tombe souvent quand je cours” dit-elle embarrassée.
“Et appeler à l'aide?”
“J'allais le faire.”
Je secouai la tête incrédule. Comment avait-elle réussit à survivre avant d'arriver à Forks?
“Tu avais raison” lui dis-je, la voix amère. “Je combats vraiment le destin en essayant de garder en vie.”
Elle soupira, regardant à travers la vitre. Puis elle me regarda de nouveau.
“Te verrai-je demain?” demanda-t-elle de façon abrupte.
Puisque j'allais direct en enfer - autant profiter du voyage.
“Oui- j'ai d'un devoir à rendre aussi.” Je lui sourit, ça faisait du bien. “Je te garderai une place à la cantine.”
Son coeur s'emballa, et mon coeur mort sembla soudain se réchauffer.
J'arrêtais la voiture en face de la maison de son père. Elle ne fit aucun mouvement pour sortir, et me quitter.
“Tu promets que tu seras la demain? insista-t-elle.
“Je promets.”

Comment pouvais-je retirer autant de bonheur en faisant le mauvais choix? Il y avait quelque chose d'inapproprié la dedans.
Elle acquiesça pour elle même, et commença a retirer ma veste.
“Garde la” lui assurai-je rapidement.

Je préférai qu'elle garde quelque chose qui m'appartenait. Un symbole, tout comme la capsule de bouteille au fond de ma poche...”Tu n'as pas de veste pour demain.”
Elle me la tendit, souriant d'un air piteux. “Je ne veux pas avoir à expliquer ca à Charlie” me dit-elle.
J'imagine que non. Je lui souriai à mon tour.
“Ah oui bien sur.”
Elle posa sa main sur la poignet, puis arrêta son geste. Elle ne désirait pas partir, et je ne voulais pas la laisser s'en aller.
La savoir sans protection, même pour quelques instants...
Peter et Charlotte était loin déjà, au delà de Seattle, sans aucun doute. Mais il y avait toujours d'autres. Ce monde n'étais pas un endroit sur pour quelque humain que ce soit, et pour elle, cela semblait encore plus dangereux que pour les autres.

“Bella?” demandai-je, surpris pas la simple plaisir que j'avais a à dire son nom.
“Oui?”
“Est ce que tu peux me promettre quelque chose?
“Oui,” accepta-t-elle facilement, puis ses yeux se plissèrent comme si elle avait imaginait une raison d'objecter.
“Ne vas pas dans les bois toute seule” l'avertis-je, me demandant si cette requête était digne de l'objection dans ses yeux.
Elle cligna des yeux, surprise “Pourquoi?”
Je jetai un regard noir au ténèbres. Le manque de lumière n'était pas un problème pour mes yeux, mais cela ne gênerai aucun autre traqueur. Cela aveuglait seulement les humains.
“Je ne suis pas toujours la chose la plus dangereuse ici,” lui dis-je. “Essayons d'en rester là.”
Elle frissonna mais retrouva rapidement son calme, et sourit même en me lançant, “Si tu le dis”.
Son haleine toucha mon visage, si douce et chargée.

j'aurais pu rester ici toute la nuit, mais elle avait besoin de dormir. Les deux désires semblaient d'égal importance alors qu'ils continuaient de se faire la guerre : la vouloir pour moi versus vouloir sa sécurité.
Je soupirant devant l'impossible situation. “Je te vois demain” dis-je, sachant que je la reverrai bien avant cela. Mais elle ne me verrai pas avant demain.

“Ok à demain” acquisca-t-elle en ouvrant la porte.
L'agonie une nouvelle fois la regarder s'éloigner.
Je me penchait vers elle, désireux de la retenir avec moi. “Bella?”
Elle se tourna, figée, surprise que nos visages se retrouve si proches.
Moi aussi j'étais submergé par la proximité. Le chauffage m'envoyai des effluves de son parfum par vague, caressant mon visage. Je pouvais sentir la douceur de sa peau. ..
Son coeur s'emporta et ses lèvres s'ouvrirent.

“Dors bien” murmurai-je, me reculant avant que l'urgence dictée par mon corps - soit la soif familière, ou la toute nouvelle et bizarre faim que je ressentais soudainement - ne me fasse faire quelque chose qui pourrait la blesser.

Elle resta assise dans faire un mouvement pendant un petit moment, les yeux grands ouverts et et stupéfaits. éblouie j'imagine.
Tout comme moi.
Elle reprit ses esprits - son visage restant toutefois un peu perplexe - tomba à moitié de la voiture, s'emmêlant les pieds, se rattrapant à la portière pour se relever.
Je gloussai - trop bas pour qu'elle m'entende.
Je la regardai marcher en trébuchant jusqu'au porche. En sécurité pour le moment. Je reviendrai vite pour m'en assurer.

Je pouvais sentir ses yeux me suivie tandis que je conduisais dans la rue sombre.
C'était une situation tellement différente de ce à quoi je m'étais habitué. D'habitude, je pouvais simplement me regarder m'éloigner à travers les yeux de quelqu'un. C'était étrangement excitant - cette sensation insaisissable de se sentir épié. Je savais que c'était simplement parce qu'il agissait de ses yeux.
Un millions de pensées se chassèrent les unes les autres dans me esprits tandis que je conduisais sans but dans la nuit.

Pendant un long moment je fis des cercles dans les rues, sans direction fixe, pensant à Bella et le soulagement incroyable de savoir qu'elle connaissait la vérité. Je n'avais plus à me soucier qu'elle découvrit qui j'étais réellement. Elle savait. Et ça ne la dérangeait pas. Même si c'était évidemment une mauvaise chose pour elle, c'était étonnamment libérateur pour moi.

Plus que ça, Je pensai à Bella et me récompensait avec l'amour. Elle ne pouvait pas m'aimer comme moi je l'aimais - une chose si irrésistible, dévorante, cet amour écrasant aurait probablement brisé son corps fragile. Mais elle se sentait assez forte. Assez forte pour repousser la peur instinctive. Assez pour vouloir être avec moi. Et être avec elle était le plus grand des bonheurs que je n'avais jamais connus.
Pendant un moment - alors que j'étais seul, ne blessant personne pour une fois - je me permis de ressentir ce bonheur sans la notion tragique. Etre juste heureux qu'elle m'apprécie. Simplement exulter du triomphe d'avoir acquis son affection. Imaginant être prés d'elle jour après jour, entendant sa voix, gagnant ses sourire.
Je rejouai ce sourire dans ma tête, voyant les coins de ses lèvres se lever, les fossettes se dessinant sur ses joues, ses yeux chauds... Ses doigts avaient été si chaud et doux sur ma main ce soir. Je m'imaginai touchant sa peau délicate, en caressant ses joues - soyeuses, chaudes...tellement fragiles. De la soie sur de la glace...affreusement cassable.

Je ne vis pas où mes pensées m'emmenaient jusqu'à ce qu'il ne soit trop tard. Alors que je m'attardais sur sa vulnérabilité dévastatrice, de nouvelles images de son visage firent irruption dans mes fantaisies.
Perdue dans l'ombre, pâle sous l'effet de la peur - pourtant les mâchoires fermes et déterminées, les yeux féroces, pleins de concentration, son corps fin tendus pour attaquer les imposantes formes rassemblées autour d'elle, des cauchemars dans l'obscurité...
“Ah”, grognai-je mijotant dans la haine, que j'avais perdu face à cette joie, prêt a éclater de nouveau dans un accès de rage.

J'étais seul. Bella était, je le croyais, en sécurité chez elle; pour un moment j'étais furieusement content que Charlie Swan - chef de la Police Locale, entraîné et armé - soit ton père. Cela voulait forcement dire quelque chose, procurer un bouclier à Bella.
Elle était en sécurité. Cela ne me ralentirait pas ma vengeance...
Non. Elle méritait mieux. Je ne la laisserait pas s'enticher d'un meurtrier.
Mais...que faire des autres?

Bella était en sécurité, certes. Angela et Jessica l'étaient aussi, sûrement, au fond de leurs lits.
Et pourtant un monstre était libre dans les rues de Port Angeles. Un monstre humain - cela devenait-il un problème exclusivement humain? Commettre le meurtre que je désirai commettre ce soir était mal. Je le savais. Mais le laisser en liberté, libre d'attaquer de nouveau ne pouvais pas être bien non plus.
L'hôtesse blonde du restaurant. La serveuse que je n'avais pas vraiment regardé. Les deux m'avaient irrité d'une façon très triviale, mais cela ne voulait pas dire qu'elle méritait d'être mises en danger.
N'importe laquelle d'entre elles pouvait être la Bella de quelqu'un.
Le fait de réaliser cela me décida.

Je dirigeai la voiture vers le Nord, accélérant, maintenant que j'avais un but. Dés que j'avais un problème qui me dépassait - quelque chose de tangible comme celui ci - je savais ou aller pour trouver de l'aide.
Alice était assise sur le porche, m'attendant. Je me garai en face de la maison plutôt que de faire le tour du garage .

“Carlisle étudie" dit Alice avant même que j'ai demandé.
“Merci” dis-je ébouriffant ses cheveux au passage.
Merci de m'avoir rappelé, pensa-t-elle pleine de sarcasmes.
“Oh”. Je m'arrêtai prés de la porte, sortant le téléphone et l'ouvrant au passage. “Désolé, je n'ai même pas vérifié qui m'avait appelé. j'étais...occupé.”
“Oui, je sais. Je suis désolé moi aussi. Quand j'ai vu ce qu'il se tramait tu étais déjà en chemin.”
“C'était juste” murmurai-je.
Désolée, repeta-t-elle, honteuse.
Il m'était facile d'être généreux en sachant Bella en sécurité. “Ne le soit pas. Je sais que tu ne peux pas tout voir. Personne ne s'attend à ce que tu sois omnisciente Alice.”

“Merci”
“J'ai faillit t'inviter à dîner ce soir - est ce que tu as vu ça avant que je ne change d'avis?”
Elle me fit un grand sourire. “Non, j'ai loupé ça aussi. J'aurais aimé savoir. Je serais venue.”
“Sur quoi te concentrais-tu pour louper tant de choses?
Jasper pense à notre anniversaire. Elle rit. Il essait de ne pas prendre de décision pour mon cadeau, mais je pense avoir un bonne idée...
“Tu es scandaleuse.”
“Yep.”

Elle pressa ses lèvres puis me fixa, un pointe d'accusation dans son expression. Je ferai plus attention plus tard. Vas-tu leur dire qu'elle sait?
Je soupirai. “Oui, plus tard.”
Je ne dirai rien. Fais moi une faveur et attend que je ne sois pas dans le coin pour le dire à Rosalie, ok?
Je tressailli. “Bien sur”
Bella l'a bien pris.
“Trop bien”

Alice me sourit de nouveau. Ne la sous-estime pas.
J'essayais de bloquer l'image que je ne voulais pas voir - Bella et Alice, meilleures amies.
Impatient à présent, je soupirai fortement. Je voulais en finir avec la prochaine étape de la soirée. Mais j'étais inquiet de quitter Forks...
“Alice...” commencai-je. Elle vit ce que je prévoyais de lui dire.
Tout ira bien pour elle ce soir. Je surveille à présent. Elle a vraiment besoin d'une surveillance 24h/24 n'est ce pas?

“Au moins.”
“De toutes façon, tu seras bientôt avec elle.”
Je pris une grande respiration. Ces mots étaient si beaux.
“Vas-y - finis en avec ça pour que tu puisses être la ou tu veux être.” me dit-elle.
J'acquiesçais, et me dépêchais de monter dans la chambre de Carlisle.
Il m'attendait, les yeux sur la porte plutot que sur le gros livres posé sur son bureau.
“J'ai entendu Alice te dire où me trouver” dit-il en souriant.
C'était un soulagement d'être avec lui, de voir son empathie et cette profonde intelligence dans ses yeux. Carlisle saurait quoi faire.
“J'ai besoin d'aide.”
“Ce que tu veux Edward” promit-il.
“Est ce que Alice t'as dit ce qui est arrivé à Bella ce soir?”
Ce qui est presque arrivé corrigea-t-il.
“Oui presque. J'ai un dilemme Carlisle. Tu vois, je veux...vraiment...le tuer.” Les mots sortirent vite et avec passion. “Tellement. Mais je sais que c'est mal, parce que c'est de la vengeance, pas de la justice. De la haine sans impartialité. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas juste de laisser un violeur et tueur en série déambuler dans les rues de Port Angeles! Je ne connais pas d'humains là bas, mais je ne peux pas laisser quelqu'un prendre la place de Bella comme victime. Ces autres femmes - quelqu'un pourrait ressentir pour celle ce que je ressens pour Bella. Ils pourraient souffrir autant que moi si elle avait été blessé. Ce n'est pas juste - “
Son large sourire imprévu m'arrêta dans mon flot de paroles.

Elle est bien pour toi n'est ce pas? Tellement de compassion, tellement de contrôle, je suis impressionné.
“Je ne fais pas la pèche au compliment Carlisle.”

“Bien sur que non. Mais je ne peux pas retenir mes pensées n'est ce pas?” Il sourit de nouveau.” Je vais m'en occuper. Tu peux te relaxer. Personne ne sera blesser à la place de Bella."
Je vis le plan dans sa tête. Ce n'était as exactement ce que je voulais, cela ne satisferait pas ma soif de brutalité, mais je pouvais voir que c'était la bonne chose à faire.
“Je vais te montrer ou le trouver” dis-je.
“Allons-y.”

Il attrapa son sac noir au passage. J'aurais préféré une forme de sédation plus agressive - comme lui briser le crâne - mais je laisserai Carlisle gérer cela à sa façon.
Nous primes ma voiture. Alice était toujours sur les marches. Elle fit un grand sourire et nous salua de la main tandis que nous nous éloignions. Je savais qu'elle avait regardé le futur pour moi; nous n'aurions aucune difficulté.

Le voyage fut rapide sur la sombre route déserte. J'éteignais mes phares pour ne pas ne pas attirer l'attention. Cela me fit sourire d'imaginer comment Bella réagirait à ce la vitesse à laquelle nous roulions à présent. Je serais déjà en train de rouler plus lentement que d'habitude - pour prolonger le temps passé avec elle - dés qu'elle objecterait.

Carlisle pensait à Bella aussi.
Je n'avais pas prévu qu'elle serait aussi bénéfique pour lui. C'est inattendu. Peu-être que cela devait se dérouler ainsi. Peut-être qu'il y a quelque chose derrière tout ça. Seulement...
Il s'imagina Bella la peau froide, les yeux rouges sang, puis fit disparaître cette image.
Oui. Seulement. Bien sur. Qu'y aurait-il de bon à détruire quelque chose de si pure et adorable?
Je jetai un regard dehors, toute ma joie de cette soirée détruite par ses pensées.
Edward mérite le bonheur. Il l l'a acquis. Cette férocité dans les pensées de Carlisle me surpris. Il doit y avoir un moyen.

J'aurai aimé croire à ses paroles - n'importe laquelle des deux. Mais il n'y avait rien derrière ce qui arrivait à Bella. Juste le destin, vicieux, horrible, amère, qui ne voulait pas donner à Bella la vie qu'elle méritait.
Je ne m'attardais pas à Port Angeles. J'amenai Carlisle dans la rue ou la créature dénommée Lonnie noyait sa déception avec ses amis - deux d'entre eux s'étaient déjà évanouis. Carlisle pouvait voir à quel point cela était dur pour moi d'être aussi prés - d'entendre les penser de ce monstres, de voir ses souvenirs, les souvenirs de Bella mélangés à ceux d'autres filles pas assez chanceuse pour se faire sauver.
Ma respiration s'accéléra. Je serrai le volant.
Va-t-en Edward, me dit-il gentiment. Je vais m'en occuper. Rejoins Bella.
C'était exactement ce qu'il fallait me dire. Son nom était la seule distraction pour moi à ce moment.
Je le laissait dans la voiture et courus jusqu'à Forks, tout droit, à travers la foret endormie. Cela me prit moins de temps qu'à l'aller dans la voiture. Seulement quelques minutes après, j'escaladais le flan de sa maison, me glissant à travers la fenêtre.

Je soupirai silencieusement, soulagé. Tout était en place. Bella était en sécurité dans son lit, rêvant, ses cheveux mouillés, emmêlés tels des algues sur son oreiller.
Mais, contrairement aux autres nuits, elle était recroquevillée dans ses draps, les coins de sa couette bien calés sous ses épaules. Elle avait sûrement froid. Avant que je puisse m'asseoir dans ma chaise habituelle, elle frissonna dans son sommeil, et ses lèvres tremblèrent.
Je réfléchis durant un moment, puis me décontracté en sortant dans le couloir, explorant une nouvelle partie de a maison pour la première fois.

Les ronflements de Charlie étaient assez forts. Je pouvais presque attraper ses rêves. Quelque chose concernant la force de l'eau, et l'attente patiente...une partie de pêche, peut-être?
Là, en haut des escaliers se trouvait un placard plein de promesses. Je l'ouvris, plein d'espoir, en trouvant ce que je cherchai. Je pris la plus grosse des couvertures de la toute petite étagère, et la ramenait dans sa chambre. Je la rangerait avant qu'elle ne se réveille, et personne n'en saurait jamais rien.
Retenant ma respiration, j'étalai précautionneusement la couverture sur elle; elle ne réagit pas à l'excédant de poids. Je retournai dans la chaise à bascule.

Tandis que j'attendais anxieusement qu'elle se réchauffe, je pensai à Carlisle, me demandant ce qu'il faisait en ce moment. Je savais que son plan se déroulerait sans problème - Alice l'avait vu.
Penser à mon père me fit soupirer - Carlisle me faisait trop confiance. J'aurais aimé être l personne qu'il pensait que j'étais. Cette personne, celle qui méritait d'être heureux, qui pourrait espérer être digne de cette fille endormie. Combien les choses seraient différentes si je pouvais être cet Edwatd la.
Alors que je méditai la dessus, une image étrange surgit dans mon esprit.

Pendant un moment, le destin maléfique que j'avais imaginé, celui qui annonçait la destruction e Bella, fut remplacé par le plus fou et téméraire des anges. Un ange gardien - quelque chose qui ressemblait à la version de Carlisle me concernant. Avec un sourire insouciant sur ses lèvres, les yeux bleus ciel pleins d'espièglerie, l'ange représentant Bella d'une telle façon qu'il m'était impossible de la négliger. Un parfum d'un puissance ridicule demandant mon attention, l'esprit silencieux enflammant ma curiosité, une beauté silencieuse retenant mes yeux, un esprit altruiste pour gagner mon estime. Enlever l'instinct naturel de survie - pour que Bella puisse accepter de rester auprès de moi - et finalement, ajouter un don pour attirer les ennuis.
Avec un rire imprudent, l'ange irresponsable propulsa sa fragile création directement sur mon chemin, croyant allègrement que ma moralité défectueuse suffirait à maintenir Bella en vie.

Dans cette vision je n'étais pas la punition de Bella, elle était ma récompense.
Je secouais ma tête devant la fantaisie cet ange sans jugeote. Il n'était pas mieux que le destin maléfique. Je ne pouvais pas m'incliner devant un pouvoir supérieur qui agirait de manière si stupide et dangereuse. Au moins le destin, je pouvais le combattre.

Et je n'avais pas d'ange. Ils étaient réservés aux bonnes gens - les gens comme Bella. Ou donc était passé son ange? La surveillait-il?
Je riais en silence, surpris en réalisant, qu'à ce moment précis, je remplissais ce rôle.
Un ange vampire - c'était extensible.
Environ une demi heure plus tard, Bella se relaxai sous son cocon. Sa respiration s'enfonça et elle commença a murmurer. Je souris, satisfait. C'était une petite chose, mais au moins, elle dormirait mieux ce soir, parce que j'étais là.
“Edward” soupira-t-elle, et elle sourit, elle aussi.
Je repoussai la tragédie pour le moment, me laissant être de nouveau heureux.



.
.
.
.
.
​ 0 | 13 |
Commenter

Plus d'informationsN'oublie pas que les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits par les conditions générales d'utilisation de Skyrock et que tu peux être identifié par ton adresse internet (38.107.179.226) si quelqu'un porte plainte.

Tu n'es pas identifié. Clique ici pour te connecter à ton compte

#Posté le vendredi 16 janvier 2009 22:47

Modifié le dimanche 15 février 2009 10:12

Publicité
  • Précédent
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • Suivant

Skyrock.com
  • Skyrock

    • Annonceurs
    • Jobs
    • Contact
    • Sources
    • Poster sur mon blog
    • Développeurs
  • Infos

    • Sécurité
    • Conditions
    • Aide
    • Signaler un abus
    • En chiffres
  • Mobile

    • Ton mobile
    • iPhone
    • Android
    • BlackBerry
    • Nokia
    • Samsung Wave
    • Windows Phone
  • Pays

    • International (english)
    • France
    • Canada (français)
    • Belgique (français)
    • Maroc (français)
  • Autres sites

    • Skyrock.fm
    • Tasanté
    • kwest
    • Zipalo
  • Blogs

    • L'équipe Skyrock
    • Honneurs
    • Vidéos
    • Gadgets
    • Newsmusic
    • Thèmes